Carney résiste à Trump à la Maison-Blanche : « Le Canada ne sera jamais à vendre »
Carney résiste à Trump à la Maison-Blanche : « Le Canada ne sera jamais à vendre »

Le Premier ministre canadien Mark Carney a fermement rejeté mardi la suggestion du président américain Donald Trump de faire du Canada le 51ᵉ État des États-Unis, lors d’un échange tendu mais poli à la Maison-Blanche. La rencontre, très attendue et scrutée à l’échelle internationale, a mis en scène deux visions opposées du partenariat entre les deux pays, au moment où les tensions commerciales atteignent un sommet.

Dès son arrivée, Carney a été accueilli par une poignée de main et quelques tapes amicales de Trump, suivi d’un échange de gestes symboliques devant les caméras. Mais l’ambiance s’est rapidement alourdie lorsqu’au cours de leur entretien dans le Bureau ovale, Trump a réitéré son idée de rattacher le Canada aux États-Unis. « Ce serait un merveilleux mariage », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « cela prend deux pour danser un tango ».

La réponse de Carney ne s’est pas fait attendre : « Comme vous le savez dans l’immobilier, il y a des endroits qui ne sont tout simplement pas à vendre. La Maison-Blanche ne l’est pas. Le palais de Buckingham ne l’est pas. Et le Canada ne l’est pas. Il ne le sera jamais. » Un sourire en coin, il a ensuite articulé silencieusement : « Jamais, jamais, jamais. »

Trump avait préparé le terrain de cette rencontre par une salve de messages sur son réseau Truth Social, affirmant que les États-Unis ne « [avaient] besoin de RIEN » du Canada, ni voitures, ni énergie, ni bois, ni même « quoi que ce soit ». Une posture provocatrice que contredisent largement les données économiques : le Canada est le principal fournisseur de pétrole brut des États-Unis et leur premier partenaire commercial pour 36 États américains.

Au-delà de ces passes d’armes, les discussions ont abordé les tarifs douaniers imposés par Washington, qui affectent durement l’industrie automobile et métallurgique canadienne. Carney a déclaré qu’il était venu défendre les intérêts de son pays, évoquant une « crise unique en son genre ». Il a également exprimé son désir d’un dialogue « difficile mais constructif ».

Trump, fidèle à son style imprévisible, a multiplié les déclarations provocatrices tout en louant à plusieurs reprises Carney, saluant sa « victoire incroyable » aux dernières élections canadiennes. Il a même plaisanté sur l’aide qu’il pourrait apporter à Barack Obama pour achever la construction de sa bibliothèque présidentielle, avant de revenir sur les questions commerciales.

Le Premier ministre canadien n’a toutefois pas laissé l’opportunité à Trump de dicter l’agenda. Malgré l’étrange atmosphère oscillant entre cordialité et affrontement, Carney a maintenu une posture ferme. Pour beaucoup d’observateurs, cette rencontre marque un tournant dans les relations bilatérales, et donne le ton d’un mandat canadien résolument plus affirmé face aux ambitions de Washington.

Partager