François Bayrou s’apprête à ouvrir un nouveau front ce mardi 6 mai, cette fois avec les élus locaux. À l’hôtel de Roquelaure, dans le 7e arrondissement de Paris, le Premier ministre recevra les représentants des communes, départements et régions pour une conférence de financement des territoires à huis clos. Objectif : engager un dialogue franc sur la maîtrise des finances locales, dans un contexte où l’exécutif vise 40 milliards d’euros d’économies pour 2026. Le gouvernement cherche ainsi à obtenir une forme d’adhésion des collectivités au redressement budgétaire, tout en apaisant des tensions accumulées depuis plusieurs mois.
Une pression croissante sur les collectivités
Bayrou compte sur l’expertise de François Rebsamen, ministre de la Décentralisation et ancien maire de Dijon, pour amorcer la concertation. Mais les élus locaux, déjà très sollicités, dénoncent un désengagement financier de l’État. L’Association des maires de France critique l’absence de ressources dédiées pour entretenir les 700 000 kilomètres de routes communales. Et les régions pointent l’obsolescence croissante du réseau ferroviaire, dont l’âge moyen atteint 29 ans. À cela s’ajoute la perspective d’un transfert de ressources issues des concessions autoroutières, une piste sérieusement envisagée par le gouvernement pour financer les futurs RER métropolitains et moderniser les infrastructures vieillissantes.
C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée controversée d’un référendum sur les finances publiques, lancée ce week-end par François Bayrou. Pour le chef du gouvernement, cette consultation pourrait légitimer un plan cohérent d’économies à imposer à l’ensemble du pays. Mais au Sénat, l’accueil est glacial. « C’est une drôle d’idée », tacle Jean-François Husson (LR), rapporteur du budget. Claude Raynal (PS), président de la commission des finances, y voit « un ballon-sonde sans caractère sérieux ». Tous dénoncent une tentative de contournement du Parlement, pourtant seul compétent pour voter le budget.
Entre grandes messes et impatience des parlementaires, le gouvernement peine encore à entrer dans le vif du sujet. Le rendez-vous de ce mardi marquera-t-il le début d’un véritable dialogue ou restera-t-il un exercice de communication ? Les collectivités, elles, attendent des garanties claires… et des moyens.