Cinq CRS dans le viseur de l’IGPN après avoir reçu 180.000€ de Kylian Mbappé
Cinq CRS dans le viseur de l’IGPN après avoir reçu 180.000€ de Kylian Mbappé

Selon une enquête publiée par Le Canard Enchaîné, cinq agents de la CRS affectés à la protection de Kylian Mbappé en 2023 seraient dans le collimateur de l’Inspection générale de la police nationale. Ces agents auraient reçu un total de 180 300 €, versés directement par le footballeur du Real Madrid via son compte bancaire personnel. L’affaire a été signalée à la cellule de renseignement financier Tracfin, déclenchant l’ouverture d’une enquête administrative par l’IGPN.

Des chèques révélés par Tracfin

Un rapport de Tracfin indique que quatre brigadiers-chefs ont chacun encaissé un chèque de 30 000 € en juin 2023. Le cinquième agent, un commandant chapeautant les brigadiers, aurait perçu 60 300 €, portant le total à 180 300 €.

Don ou contrat déguisé ?

Mbappé aurait justifié ces versements comme étant une redistribution d’une prime liée à la Coupe du monde 2022. Dans une attestation manuscrite, il explique avoir reversé cette somme aux membres de la sécurité et à plusieurs associations, sur conseil de son avocat fiscaliste, qui aurait assuré qu’il s’agissait de “dons d’usage” non soumis à déclaration fiscale. L’IGPN s’interroge toutefois sur la nature réelle de ces paiements et sur leur légalité si perçus comme rémunération pour des services, situation qui pourrait constituer un manquement au devoir de probité.

L’attention de l’IGPN se concentre tout particulièrement sur le commandant qui a perçu les 60 300 €. Celui-ci aurait accompagné Mbappé lors de déplacements privés au Cameroun et dans le Vaucluse durant l’été 2023, des missions non officielles qui soulèvent des soupçons d’emploi illégal de la fonction publique et de violation de la neutralité policière.

Mbappé prêt à coopérer

Face à la polémique, Mbappé a assuré qu’il est prêt à répondre à toutes les questions des autorités. Il insiste pour que soit clarifiée la nature des paiements, afin d’écarter toute interprétation comme rémunération déguisée. Son équipe met en avant le fait que les chèques ont été établis à titre personnel, dans le cadre d’un geste généreux lié à une prime extraordinaire.

L’IGPN, sous la direction de Stéphane Hardouin, est chargée de mener cette enquête administrative pour évaluer les manquements éventuels au code de déontologie des agents publics. Le commandant, s’il est reconnu coupable, pourrait s’exposer à des sanctions disciplinaires, voire à des poursuites pénales. Le sort des quatre brigadiers-chefs sera également examiné selon les mêmes critères de probité.

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