Le festival francilien Rock en Seine devra se passer du soutien financier de la Ville de Saint-Cloud cette année. En cause : la présence du groupe nord-irlandais Kneecap, accusé de prises de position politiques controversées et d’incitation à la violence.
Une subvention de 40 000 euros retirée
Dans un communiqué publié mercredi 16 juillet, la Ville de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) a annoncé avoir voté le retrait d’une subvention municipale de 40 000 euros destinée au festival Rock en Seine. Ce soutien financier, accordé initialement avant l’annonce complète de la programmation, a été révoqué lors du conseil municipal du 3 juillet, après la confirmation de la participation du groupe de rap irlandais Kneecap.
Cette décision intervient alors que l’un des membres du trio, Liam O’Hanna — alias Mo Chara — fait l’objet d’une inculpation au Royaume-Uni pour « infraction terroriste ». Il lui est reproché d’avoir brandi un drapeau du Hezbollah lors d’un concert à Londres en 2024. Le groupe est également visé pour une vidéo datant de 2023 dans laquelle un de ses membres aurait tenu des propos violents à l’encontre de députés conservateurs britanniques, propos pour lesquels le groupe s’est depuis excusé.
Une ligne rouge pour la municipalité
Dans son communiqué, la mairie de Saint-Cloud précise qu’elle « ne finance pas d’action, ni de revendications politiques, et encore moins des incitations à la violence ». Elle insiste néanmoins sur le fait qu’elle « respecte la liberté de programmation du festival » et ne cherche pas à l’influencer.
Contacté par l’AFP, le directeur du festival, Mathieu Ducos, n’a pas souhaité commenter la décision municipale. Le budget global de Rock en Seine est estimé à 17 millions d’euros.
Militant pour la cause palestinienne, Kneecap revendique un engagement politique fort, tout en niant toute proximité avec le Hezbollah. Le groupe, qui rappe en anglais et en gaélique, a déjà été déprogrammé de plusieurs festivals en Europe cet été, notamment en Écosse et en Allemagne. En France, il est toujours prévu qu’il se produise à Charleville-Mézières le 17 août et à Rock en Seine le 24 août.
Ce n’est pas la première fois que la présence d’un groupe à l’affiche d’un grand festival suscite un débat politique. Mais cette décision illustre la sensibilité accrue des collectivités locales à l’égard des questions de radicalité, de diplomatie et de liberté d’expression dans le paysage culturel.