Les Rencontres d'Arles 2026 ouvrent leur 57e édition avec l'Afrique, la Méditerranée et William Klein à l'honneur
Les Rencontres d'Arles 2026 ouvrent leur 57e édition avec l'Afrique, la Méditerranée et William Klein à l'honneur

La semaine d’ouverture des Rencontres de la photographie d’Arles a débuté le 6 juillet, et le festival court jusqu’au 4 octobre. Cette 57e édition propose une quarantaine d’expositions dans le In, auxquelles s’ajoutent autant de propositions dans le Off. L’affiche officielle est signée Carlos Idun Tawaih, jeune photographe ghanéen né en 1997, dont la série de scènes intimistes inspirées de ses albums de famille s’inscrit dans l’exposition Ghana, rêver l’indépendance, présentée au palais de l’Archevêché. Cette exposition retrace les vingt ans qui ont suivi l’indépendance du Ghana le 6 mars 1957, après près d’un siècle de domination britannique, et explore le rôle de la photographie dans la construction d’une identité nationale, notamment à travers les portraits réalisés par Paul Strand dans les années suivant la libération.

Des regards du monde entier : Harlem, Sainte-Soline, Abidjan, et la femme noire dans l’histoire

Parmi les expositions du In, plusieurs retiennent l’attention. Martine Barrat présente à l’espace Van Gogh son travail d’immersion dans les gangs de Harlem et du South Bronx dans les années 1970, un regard placé sous le signe du « respect, de l’humour et de la fraternité » selon le catalogue. Ming Smith, première photographe noire à entrer au MoMa, expose à l’église Saint-Anne ses images en mouvement, influencées par le jazz et le blues. Rebekka Deubner montre à Croisière son enquête menée d’avril 2023 à décembre 2025 auprès d’éleveurs, de militants et de maraîchers des Deux-Sèvres, après avoir assisté aux manifestations de Sainte-Soline. Paul Kodjo, lui, reconstitue l’Abidjan des années 1970 à travers ses romans-photos populaires. Ayana V. Jackson présente à l’abbaye de Montmajour trois séries autour des femmes noires dans l’histoire, de la révolution mexicaine à la période de l’esclavage. L’exposition Modèle animal réunit par ailleurs deux siècles de photographies animalières, de William Wegman à Elliott Erwitt.

William Klein à l’honneur pour le centenaire de sa naissance

À l’occasion du centenaire de la naissance de William Klein, deux expositions lui rendent hommage : l’une à la chapelle du Museon Arlaten dans le cadre des Rencontres d’Arles, l’autre à la galerie Polka à Paris. Peintre, photographe et cinéaste, Klein avait su décrypter dès les années 1950 les mécanismes de manipulation médiatique avec une clairvoyance qui résonne aujourd’hui avec les réseaux sociaux et les fake news. L’exposition d’Arles, commissariée par Raphaëlle Stopin, présente notamment des planches originales de la maquette de son livre Life is Good and Good for You in New York (1956), qui lui valut le prix Nadar. Elle explore aussi ses films, dont Mister Freedom (1969), décrit par la commissaire comme « une fable ubuesque » et « un écho glaçant à l’ère du trumpisme », et Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? (1966), dans lequel Klein utilise « les propres outils de l’industrie de la mode pour mieux la dynamiter ».

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