Samedi soir, à Puget-sur-Argens, dans le Var, un homme a ouvert le feu sur deux de ses voisins, tuant l’un, de nationalité tunisienne, et blessant l’autre, de nationalité turque. Quelques heures plus tard, le parquet de Draguignan confirmait que l’auteur présumé des tirs avait publié, avant et après son passage à l’acte, deux vidéos à caractère haineux sur les réseaux sociaux. Le suspect, de nationalité française et amateur déclaré de tir sportif, a été interpellé par l’antenne GIGN d’Orange alors qu’il tentait de prendre la fuite à bord de son véhicule. Selon le procureur Pierre Couttenier, plusieurs armes ont été retrouvées dans sa voiture : un pistolet automatique, un fusil à pompe et une arme de poing.
Une enquête ouverte pour crime raciste aggravé
L’alerte a été donnée par la compagne du tireur, conduisant les gendarmes à mobiliser rapidement des moyens d’intervention spécialisés. L’homme abattu, vraisemblablement âgé de 35 ans, n’a pas encore été formellement identifié mais serait de nationalité tunisienne. La seconde victime, un jeune homme de 25 ans, a été blessée à la main et transportée à l’hôpital de Fréjus. Son pronostic vital n’est pas engagé. L’enquête, menée en flagrance par la brigade de recherches de Draguignan, a été ouverte pour « meurtre et tentative de meurtre commis en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, des victimes à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée ». Une qualification qui témoigne de la dimension raciste aggravante des faits. Le contenu des vidéos publiées par le suspect, à la tonalité ouvertement xénophobe, constitue un élément central de l’affaire. Il sera scruté de près par les enquêteurs pour établir le mobile exact de cette agression d’une rare gravité, dans un contexte déjà tendu autour des discours de haine et de racisme sur les plateformes sociales.