Un pompier pyromane déclenche des incendies pour 8 € de l’heure
Un pompier pyromane déclenche des incendies pour 8 € de l’heure

Il intervenait sur les feux… qu’il avait lui-même provoqués. À 19 ans, un pompier volontaire de l’Eure a été condamné ce mercredi 28 mai, avec son complice de 21 ans, pour avoir déclenché une série de neuf incendies en un mois dans le sud du département. Leur mobile ? Un maigre appât du gain, déguisé en mission de service.

Feux à la chaîne, enquête millimétrée

Le duo opérait depuis la fin avril. Leur dernier incendie, dans la nuit du 26 au 27 mai, visait un hangar agricole de 700 m² à Breteuil-sur-Iton, contenant 300 tonnes de lin. Quinze jours plus tôt, ils avaient réduit en cendres l’entreprise GPJ Palettes, à Marbois. Très vite, la répétition des sinistres intrigue les gendarmes. L’analyse des bornages téléphoniques, recoupée avec des images de drones et des conversations échangées aux heures des départs de feu, désigne clairement les deux pyromanes. Interpellés dès l’aube le 27 mai, les jeunes hommes passent aux aveux. Le pompier, encore vêtu de sa tenue lors de sa comparution immédiate à Évreux, avoue avoir agi par besoin d’argent. Pour chaque intervention, il touchait 8 € de l’heure. 

Une motivation dérisoire face aux dégâts causés

Plusieurs millions d’euros et des emplois sont partis en fumée. « Je n’ai pas de passion pour le feu. J’avais juste des amendes à payer », explique-t-il. À chaque départ de feu, le complice était chargé de l’allumer à distance, pendant que le pompier restait au centre de secours, prêt à intervenir en « héros ». Le tribunal a condamné le jeune pompier à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, assortis d’une interdiction définitive d’exercer. Son complice écope de deux ans, dont seize mois avec sursis. Les demandes d’indemnisation seront examinées ultérieurement. Pour les victimes, la note s’annonce bien plus salée que les 8 € de l’heure.

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