À Toulouse, dans le quartier Belfort, les locataires d’un immeuble situé rue Bertrand-de-Born affirment vivre un calvaire depuis plusieurs années. Selon eux, le bâtiment est devenu un point névralgique du trafic de drogue et de la prostitution, avec des étages squattés, des menaces quotidiennes, et des actes de violence de plus en plus fréquents. Plusieurs résidents disent ne plus dormir la nuit, vivre dans la peur, et se sentir abandonnés par les institutions. Des habitants rapportent que les premiers squatteurs s’étaient installés discrètement au quatrième étage, dans des appartements inoccupés. Le calme relatif aurait volé en éclats à la suite de l’arrestation d’un individu présenté comme un important trafiquant du secteur. Depuis, les tensions n’auraient cessé de s’aggraver : descentes de police, tirs de mortier, intimidations, agressions, et menaces à l’encontre de l’équipe de nettoyage, suspectée de gêner les cachettes de drogue. Une main courante aurait été déposée récemment, après un nouvel incident.
Un immeuble en état de siège
Un épisode en particulier semble avoir marqué les esprits : l’expulsion violente d’un homme âgé atteint de la maladie d’Alzheimer, dont le logement a été saccagé et occupé par les dealers. Certains locataires évoquent aussi l’omniprésence de la prostitution dans les parties communes, rendue possible par le saccage de la porte d’entrée. En juillet 2024, un incendie aurait été déclenché dans l’immeuble. L’intervention inopinée d’un passant a permis d’éviter un drame, mais les stigmates du feu restent visibles. Le climat de terreur s’est installé jusqu’aux caves, où un individu armé d’une machette aurait pris ses quartiers. Pour faire face, les habitants se sont organisés sur une messagerie privée afin de s’entraider et d’alerter rapidement en cas de problème. Des descentes de police ont lieu régulièrement, avec le soutien d’une cellule spécialisée, mais selon certains témoignages, ces interventions n’ont qu’un effet temporaire.
Que fait le syndic ?
Sur le plan de la gestion, les locataires pointent du doigt une succession de défaillances : depuis le décès de l’ancienne propriétaire, le bâtiment serait géré par un mandataire judiciaire via une agence qui, selon eux, minimiserait les plaintes. L’agence concernée se défend brièvement, en expliquant que des procédures sont en cours, et que le temps judiciaire n’épouse pas celui de l’urgence vécue sur place. Malgré l’installation récente de portes anti-squat, les équipements de sécurité sont systématiquement vandalisés. Une source policière affirme qu’aucune intervention ne suffira sans une réponse structurelle du syndic, seule à même d’assurer la fermeture complète du bâtiment. En attendant, les locataires, eux, continuent de décrire leur quotidien comme un véritable enfer.