À partir d’un article publié par Le Monde ce matin, la question revient avec insistance dans de nombreux foyers où le télétravail s’est installé : que couvre réellement l’assurance habitation lorsque l’on travaille depuis son salon ou sa chambre transformée en bureau improvisé. Le principe semble simple, mais la réalité impose une distinction capitale entre la responsabilité du salarié et celle de l’employeur, une nuance que beaucoup continuent de méconnaître.
Le salarié est protégé pour ses biens personnels en cas de vol, incendie ou dégât des eaux. Mais dès qu’il s’agit du matériel professionnel, ordinateur, téléphone ou imprimante, le contrat d’assurance habitation ne joue plus. Ces équipements relèvent de l’assurance professionnelle de l’entreprise. L’employeur doit veiller à ce que son matériel soit couvert, y compris lorsqu’il quitte les locaux pour atterrir sur le bureau d’un télétravailleur. Une obligation rappelée par l’article de référence, qui insiste sur la responsabilité de l’entreprise quant aux outils fournis à ses salariés.
Un matériel parfois mal déclaré
Lorsque le salarié utilise son propre ordinateur, la situation se complique. Il doit vérifier que son contrat multirisque habitation couvre bien l’usage professionnel de ce matériel. À défaut, une extension de garantie peut être demandée, souvent sans frais supplémentaires, ou une assurance télétravail peut être souscrite. L’assureur doit aussi être informé de la présence de matériel professionnel au domicile, une formalité trop souvent négligée mais pourtant indispensable pour respecter l’article L113-2 du code des assurances, qui impose de signaler toute modification susceptible d’altérer l’évaluation du risque. Dans un contexte où le télétravail continue de s’installer durablement, cette vigilance devient essentielle pour éviter les mauvaises surprises au moment d’un sinistre.