La Fédération française de parachutisme (FFP) a annoncé le dépôt d’une plainte après la diffusion d’images tournées lors d’une soirée organisée le samedi 18 octobre sur l’aérodrome de Brienne-le-Château, dans l’Aube. Des participants, membres d’une école de parachutisme locale, y apparaissent grimés en noir et vêtus de tenues évoquant celles du Ku Klux Klan.
Une mise en scène préparée à l’avance
La soirée, organisée pour marquer la fin de la saison des sauts, a rapidement viré au scandale. Dans une vidéo circulant depuis lundi, plusieurs participants portent des cagoules blanches et des symboles du mouvement suprémaciste américain, tandis que d’autres se sont peints le visage en noir. Selon la FFP, ces agissements ne relèvent pas d’un simple excès festif mais d’une mise en scène délibérée. « La vision de cette scène est glaçante de réalisme et a été préparée d’avance », dénonce la fédération dans un communiqué. « Ce n’est pas un débordement alcoolisé mais une infâme infraction morale. La honte doit être du côté des auteurs de cette ignominie. »
Plainte déposée et suspension immédiate
Le président de la FFP, Yves-Marie Guillaud, a confirmé avoir procédé à un signalement au titre de l’article 40 du code pénal et indiqué qu’une plainte avec constitution de partie civile serait déposée auprès du procureur. L’entreprise Aube Parachutisme, exploitante du site, a elle aussi déposé plainte dès lundi. Neuf personnes ont été identifiées : cinq portant des tenues du Ku Klux Klan, trois grimées en noir et une filmant la scène. Sept d’entre elles disposent encore d’une licence active pour la saison 2025. Toutes ont été interdites de sauts pour trois mois, la durée maximale prévue en mesure conservatoire, dans l’attente de leur passage devant le comité de discipline. Les sanctions définitives pourront aller jusqu’à la radiation à vie.
Une vague d’indignation dans le département
Le département de l’Aube, propriétaire de l’aérodrome, a également condamné ces actes « haineux et racistes » qualifiés de « contraires à toutes les valeurs portées par la collectivité ». La Fédération française de parachutisme, qui regroupe plus de 15 000 licenciés, a rappelé que « le parachutisme sportif est fondé sur la cohésion, la solidarité et le respect ». Yves-Marie Guillaud a affirmé qu’il ferait tout pour que ces comportements soient « sévèrement punis, tant sur le plan disciplinaire que judiciaire ».