Saint-Étienne : trois "survivalistes" condamnés pour possession illégale d’armes 
Saint-Étienne : trois "survivalistes" condamnés pour possession illégale d’armes 

Ce mardi 22 avril, le tribunal correctionnel de Saint-Étienne a rendu son verdict : trois adeptes du survivalisme ont été condamnés pour non-déclaration d’armes, à des peines allant jusqu’à 42 mois de prison, dont une partie avec sursis. Leur interpellation, en octobre 2021, dans le massif du Pilat, avait suscité une vive inquiétude dans la région. Les profils sont atypiques : un gérant de magasin paramilitaire, une infirmière de 52 ans et un jeune collectionneur de 26 ans. Tous trois formaient un trio lié par une même obsession : l’anticipation de l’effondrement. Mais derrière la passion pour l’autonomie se cachait une accumulation illégale d’armes, munitions et matériel de survie, à tel point que le parquet national antiterroriste a été brièvement impliqué.

Armes de guerre, munitions et bunker improvisé

Le plus lourdement condamné est le gérant de boutique, un homme de 35 ans militant anti-pass sanitaire durant la pandémie. Il a écopé de 42 mois de prison, dont 24 avec sursis, pour avoir acquis plusieurs armes de guerre au bénéfice du collectionneur, dont un stock impressionnant de fusils d’assaut, matériel chirurgical et vivres stockés dans une base de vie secrète. Le collectionneur, qui a reconnu avoir investi 30 000 euros dans ses équipements et pratiqué le tir dans les forêts du Pilat, a été condamné à deux ans avec sursis et 30 000 euros d’amende. Quant à l’infirmière, chez qui ont été retrouvés deux fusils non déclarés et plus de 3 000 cartouches, elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis. Elle affirme aujourd’hui avoir rompu tout lien avec les milieux d’extrême droite qu’elle fréquentait auparavant.

Une opération sous haute surveillance, à l’approche d’un déplacement présidentiel

L’opération d’interpellation, menée sous l’autorité du juge des libertés et de la détention de Paris, s’est déroulée dans un contexte de surveillance renforcée, une semaine avant un déplacement d’Emmanuel Macron dans la Loire. Une source proche du dossier les qualifie de « pieds nickelés du survivalisme », mais leur arsenal, lui, n’avait rien d’anecdotique. Ces condamnations rappellent que sous couvert de précaution ou de défiance vis-à-vis des institutions, certains franchissent des lignes rouges en matière de sécurité publique.

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