Elle a choisi la gare. La foule, les rails, le passage d’un train. Ce mardi 13 mai, à 17 h 15, à Rambouillet, une femme de 31 ans s’est jetée sous une rame en pleine vitesse. Son corps a été projeté sur plusieurs centaines de mètres. Aucune chance, aucune hésitation : les images de vidéosurveillance ont levé tout doute. Il ne s’agissait pas d’un accident. Sur le quai, les témoins sont restés sidérés. Le conducteur du train, immédiatement pris en charge, a été soumis aux tests réglementaires : aucun stupéfiant, aucun alcool. Il est sauf, mais profondément marqué. Comme souvent dans ces drames, il est le premier à porter le choc.
Une trajectoire brisée
La victime était suivie en psychiatrie à la clinique de Vieille-Église-en-Yvelines, située non loin de la gare. Des papiers d’identité ont été retrouvés à proximité de l’établissement. Tout indique qu’elle a quitté les lieux avec une intention claire. Une autopsie est en cours pour confirmer l’identité, évaluer son état physique et détecter d’éventuelles substances dans son organisme. Les enquêteurs de la SNCF et les secours dépêchés sur place confirment tous la même chose : il s’agit d’un suicide. Un de plus, sur un lieu public, sans appel, sans mot.
Le quotidien du drame
Le silence revient vite après ce type d’événement. La gare de Rambouillet a rouvert dans la soirée, les retards ont été absorbés, le trafic a repris. Mais derrière la routine ferroviaire, une femme s’est effacée du monde, sans bruit, si ce n’est celui du métal lancé à pleine vitesse. Son nom n’a pas été communiqué. Mais elle laisse derrière elle des soignants, des témoins, un conducteur bouleversé… et une question, toujours la même : comment en est-on arrivé là ?