Levallois-Perret : trois ans de prison requis contre une nourrice soupçonnée d’avoir empoisonné une famille juive @pixnio
Levallois-Perret : trois ans de prison requis contre une nourrice soupçonnée d’avoir empoisonné une famille juive @pixnio

Le tribunal correctionnel de Quimper examinait ce lundi l’affaire de Nicolas Gonidec, ancien conseiller municipal et faux infirmier, poursuivi pour une série d’agressions sexuelles commises sous couvert d’actes médicaux. L’homme, aujourd’hui âgé de 44 ans, reconnaissait nourrir depuis l’enfance une obsession pour les veines et les piqûres, une fixation qu’il présentait comme une dérive progressive ayant pris la forme d’un « fétichisme ». À la barre, il décrivait un penchant débordant sur sa vie personnelle dès son plus jeune âge, avant de se transformer, selon lui, en une addiction comparable à celle d’un toxicomane. Il était également poursuivi pour exercice illégal de la profession d’infirmier et prélèvements frauduleux de produits du corps humain. Le prévenu avait bâti toute une mise en scène pour attirer ses victimes, se présentant comme un professionnel de santé menant une étude médicale. Ses séances reposaient sur des formulaires élaborés, des messages envoyés par une secrétaire fictive et un matériel complet de prélèvement. Plusieurs jeunes femmes expliquaient avoir accepté de participer à ce protocole, persuadées de contribuer à un travail scientifique. Elles pensaient subir de simples prises de sang, voire des rappels de vaccins ou des tests médicaux. Certaines décrivaient des séances dérivantes vers des gestes intrusifs, notamment des massages mammaires sous couvert de techniques de relaxation ou d’« orgasmes thérapeutiques ».

Des victimes sous emprise, un modus operandi méthodique

Huit femmes figuraient dans le dossier examiné à Quimper, décrivant des caresses imposées, des gestes sexuels non consentis et un climat de confiance abusé par un homme qui se présentait comme un soignant. L’une d’elles racontait avoir participé à plusieurs séances entre 2014 et 2018, convaincue de contribuer à un projet médical sérieux. Lors de la dernière rencontre, le prévenu lui glissait la main dans la culotte tout en affirmant maîtriser parfaitement la situation. La victime expliquait s’être sentie tétanisée, incapable de réagir, tout en redoutant d’avoir été droguée ou manipulée psychologiquement. Elle exprimait également ses inquiétudes sur les photos et vidéos réalisées pendant ces séances et leur possible usage en ligne. Face à ces témoignages, Nicolas Gonidec se disait touché et cherchait à expliquer ce qu’il qualifiait d’engrenage, évoquant un processus psychologique sur lequel il disait encore travailler en thérapie. Il reconnaissait en partie les agressions qui lui étaient reprochées, même s’il tentait de relativiser certains gestes en les qualifiant de manifestations de fétichisme. D’autres victimes racontaient des séances particulièrement douloureuses et répétées, menées sous prétexte d’un protocole au bénéfice de la recherche scientifique. Toutes décrivaient une emprise construite sur la vulnérabilité, l’isolement ou le contexte personnel dans lequel elles se trouvaient au moment des faits.

Un prévenu déjà condamné et un dossier qui s’étend

Le passé judiciaire de Nicolas Gonidec pesait lourdement dans les débats. Il avait déjà été condamné en 2021 à une peine de prison, dont une partie avec sursis, pour des faits similaires jugés à Saint Brieuc. L’écho médiatique de cette procédure avait entraîné un afflux de nouveaux témoignages, portant le nombre de plaintes à une soixantaine dans le ressort de Quimper. Le prévenu admettait d’ailleurs avoir poursuivi certaines pratiques après sa première condamnation, évoquant des prises de sang réalisées sur sa nouvelle compagne dans le cadre de ce qu’il décrivait comme un fantasme privé. Les réquisitions dans cette nouvelle affaire pouvaient conduire à une peine pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Une procédure distincte était en parallèle en cours au parquet de Lorient pour des faits similaires. À Quimper, le procès devait déterminer le degré d’emprise et de manipulation exercé par l’ancien élu sur des femmes persuadées de participer à une démarche médicale. Pour les victimes, l’audience représentait une étape difficile, mais nécessaire, dans la reconnaissance de violences qu’elles avaient longtemps interprétées comme des gestes professionnels. Le tribunal rendra sa décision à l’issue des débats.

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