Près de trois ans après le meurtre de la jeune Lola Daviet, 12 ans, à Paris, Dahbia Benkired comparaît à partir de ce vendredi 17 octobre devant la cour d’assises de Paris. L’ancienne étudiante algérienne, restée illégalement sur le territoire malgré une obligation de quitter la France (OQTF), encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un drame qui aurait pu être évité
Le 14 octobre 2022, la France découvrait, horrifiée, le corps sans vie de la petite Lola dans une malle en plastique. L’adolescente, qui n’était pas rentrée du collège, a été reconnue sur les caméras de surveillance de son immeuble du 19e arrondissement de Paris, entrant dans l’ascenseur avec une femme inconnue. Cette femme, Dahbia Benkired, 24 ans à l’époque, était sous le coup d’une OQTF depuis deux mois.
Rapidement interpellée à Bois-Colombes, elle a reconnu avoir conduit Lola dans l’appartement de sa sœur, où elle lui aurait imposé des violences sexuelles et physiques d’une extrême brutalité avant de lacérer son corps et de le dissimuler dans une malle. Deux expertises psychiatriques ont conclu à sa responsabilité pénale complète, tout en soulignant une personnalité instable et dangereuse.
Le père de Lola, terrassé par le drame, est mort de chagrin en février 2024 à l’âge de 49 ans. L’heure est désormais à la justice. La mère de Lola, Delphine Daviet, veut « le plus haut des débats judiciaires pour que soient jugés les crimes terribles commis sur sa fille. Nous l’aurons. » explique l’avocate de la famille, Me Clotilde Lepetit.
L’indécence d’un billet de presse de Libération
À quelques jours du procès, un article publié ce matin dans Libération suscite un tollé. Intitulé « Procès du meurtre de Lola : le moment ou jamais de remercier Robert Badinter », le billet signé par Sabrina Champenois interroge : « Saurons-nous, à l’occasion de ce procès, rester fidèles à la pensée de Robert Badinter ? ». La journaliste y écrit que « les faits, atroces, peuvent incliner à vouloir infliger à son tour la barbarie, ce qu’empêche l’abolition de la peine de mort. Et c’est salutaire. »

Des propos inappropriés et provocateurs, de le part des mêmes qui dénoncent sans cesse toute récupération politique. Assimiler la colère légitime suscitée par ce crime à un désir de vengeance barbare revient à déformer la réalité : ici, personne ne réclame la barbarie, mais la justice.
Alors que la famille s’apprête à revivre l’insoutenable, ce billet souligne une dérive de ton : celle d’un discours qui, au nom d’un humanisme abstrait, en vient à culpabiliser ceux qui demandent simplement que la loi soit respectée, les OQTF exécutées et les coupables condamnés.
Le temps du procès
Le procès de Dahbia Benkired, qui s’ouvrira vendredi, s’annonce éprouvant pour la famille de la victime. L’accusée devra répondre de « meurtre d’une mineure de moins de 15 ans accompagné ou précédé d’un viol, de torture ou d’actes de barbarie », ainsi que de « viol sur mineur avec torture ou acte de barbarie ».
Trois ans après le meurtre de Lola, la justice s’apprête à juger un crime qui aurait pu être évité, si seulement la loi avait été appliquée. Et pendant que certains choisissent de disserter sur les vertus de la clémence, une mère, elle, n’attend qu’une chose : la vérité et la dignité rendue à son enfant.