Les forces de l’ordre ont ouvert le feu samedi 7 juin au soir à Wingles, près de Lens, tuant un homme de 53 ans qui menaçait son épouse avec une arme blanche. Le drame s’est noué vers 23h, après un appel de la victime signalant des violences conjugales. À leur arrivée au domicile, les policiers sont confrontés à un homme armé d’un pic à viande de près de 30 centimètres. Il gesticule, refuse d’obtempérer. La femme est à proximité. Les policiers font feu. L’homme s’effondre, mortellement touché. L’affaire, révélée dimanche par le parquet de Béthune, soulève d’emblée deux enquêtes distinctes : l’une pour violences conjugales, l’autre pour homicide volontaire, cette dernière étant confiée à l’IGPN. Une procédure systématique dans ce type d’intervention.
Antécédents et usage de la force
L’homme abattu était connu de la justice, mais pas pour violences intrafamiliales. Son casier mentionne des faits de rébellion, de violences, de port d’arme, et d’appels malveillants. Selon le procureur Étienne Thieffry, les premières constatations vont dans le sens d’un usage légitime de la force : « La personne paraissait particulièrement menaçante, la victime était à proximité, la configuration des lieux rendait l’intervention périlleuse. » La garde à vue des deux policiers ayant tiré a été levée dès le dimanche matin, après vérification de leur version. La justice s’emploie désormais à retracer le contexte de la scène : y avait-il eu des signalements antérieurs de la part de l’épouse ? Des plaintes restées sans suite ? Ces éléments sont « en cours de vérification », selon le parquet. Wingles, petite commune du Pas-de-Calais, se réveille sous le choc. Si l’homme n’avait jamais été condamné pour violences conjugales, sa réaction face aux forces de l’ordre révèle une escalade incontrôlable. Pour les enquêteurs, la priorité est désormais de faire toute la lumière, à la fois sur les conditions de l’usage de l’arme par les policiers… et sur les jours, voire les années, qui ont précédé ce geste fatal.