L’examen médico-légal a statué. L’homme de 28 ans tué dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 août à Saint-André-de-Cubzac (Gironde) est mort des suites d’une détresse respiratoire aiguë provoquée par une plaie pulmonaire gauche au niveau du dos, infligée par une lame. Selon le rapport, la blessure a rapidement entraîné l’étouffement de la victime, avant que les secours n’arrivent. Ce constat froid réécrit le scénario du drame et accrédite l’hypothèse d’une attaque d’une brutalité extrême. La plaie profonde au poumon explique la rapidité du décès. L’autopsie, réalisée le lundi 4 août, a également permis de dater la mort : l’homme a succombé dans la matinée, peu après son agression. Le procureur de Libourne s’est dessaisi du dossier au profit de celui de Bordeaux, signe que l’affaire est désormais qualifiée de meurtre volontaire.
Une querelle nocturne qui vire au lynchage
À l’origine, rien de spectaculaire : une fête d’anniversaire dans une impasse du centre de Saint-André-de-Cubzac qui se prolonge jusqu’au petit matin, une trentaine de convives, de la musique et beaucoup d’alcool. Walid, voisin du lieu des réjouissances, finit par se plaindre vers 4 heures du tapage nocturne, arguant que des enfants dorment à proximité. Son intervention, décrite comme calme par plusieurs habitants, déclenche une pluie d’insultes puis dégénère en rixe. Sur fond d’alcool et de virilité blessée, plusieurs fêtards s’en prennent à lui. Il est roué de coups, puis poignardé à plusieurs reprises. Grièvement blessé, il tente de s’enfuir, traverse la rue sur une centaine de mètres avant de s’effondrer, inconscient et agonisant. Dans le quartier de l’Estaque cubzadaise, beaucoup décrivent Walid comme « un garçon sans histoire », serviable et apprécié de tous. Employé dans un supermarché du centre-ville, il était connu pour dépanner ses voisins et rendre service. « Si vous ne pouviez pas aller faire des courses, il se proposait immédiatement », témoigne un riverain. Son geste d’apaisement lui a valu une pluie de coups et de poignards qui ne lui laissait aucune chance.
Une enquête difficile
L’enquête, confiée à la brigade de recherches de Blaye et à la section de recherches de Bordeaux, progresse. Les gendarmes ont entendu plusieurs participants à la soirée, mais aucune interpellation n’a été annoncée. Sur une trentaine de convives, peu semblent prêts à parler. Le parquet espère que les images de vidéosurveillance du centre-ville et les prélèvements d’ADN réalisés sur les vêtements permettront d’identifier l’agresseur. En attendant, les gendarmes multiplient les auditions et analysent le contenu des téléphones saisis. Cette affaire intervient quelques mois après une autre rixe violente à Saint-André-de-Cubzac, lors d’un mariage, qui avait laissé un homme entre la vie et la mort. Certains habitants craignent que leur commune devienne le théâtre de violences incontrôlées. Les autorités, elles, rappellent que ces faits demeurent exceptionnels. Mais derrière les portes des foyers, la colère gronde. La famille de Walid réclame justice et une marche blanche est envisagée. L’autopsie éclaire la mécanique de la mort : une seule lame pénétrant le dos, traversant un poumon et provoquant une détresse respiratoire fulgurante. Ce constat scientifique répond à la question du comment, mais pas encore du pourquoi. Reste à déterminer qui a tenu le couteau et si plusieurs mains ont guidé la lame.