C’était un trafic aussi discret que lucratif. Le 10 juillet 2025, la police a mis fin à un élevage illégal de perroquets à Corbeil-Essonnes. Au terme d’une longue enquête initiée un an plus tôt, les forces de l’ordre ont interpellé un homme soupçonné d’avoir vendu clandestinement au moins 61 volatiles, dont certains appartenant à des espèces protégées, pour un préjudice estimé à plus de 70 000 euros. Tout avait commencé par une série d’annonces suspectes repérées sur Leboncoin à l’été 2024. L’Office Français de la Biodiversité a ouvert une enquête en juillet, avant de transmettre le dossier au Groupe d’Intervention Régional en avril 2025. Les investigations ont révélé une activité bien rodée : plusieurs comptes utilisés pour masquer la vente d’animaux sous couvert de « dons » ou de « ventes de cages », et des échanges réguliers avec deux éleveuses complices.
Un trafic bien ficelé sous couvert de petites annonces
Lors de la perquisition au domicile du suspect, les enquêteurs ont découvert douze oiseaux, dont un confié temporairement. Sur place, ils ont également saisi près de 8 000 euros en espèces. Le mis en cause, qui ne possédait ni autorisation ni certificat de capacité, a vu son bien immobilier – évalué à 212 000 euros – placé sous saisie. Il a par ailleurs été visé par une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Les animaux, dont plusieurs espèces protégées figurant en annexe A de la Convention de Washington, ont été pris en charge par le refuge Parrot World, en Seine-et-Marne.
Mais le volume réel du trafic pourrait s’avérer bien supérieur
Entre septembre 2023 et juillet 2025, 622 annonces ont été recensées sur Leboncoin et 15 sur ParuVendu, selon les enquêteurs. Certaines plateformes n’ont pas transmis l’ensemble des données demandées, ce qui complique l’évaluation définitive du préjudice. Cette affaire rappelle que le commerce illégal d’animaux exotiques reste florissant en France, souvent dissimulé derrière des plateformes de vente grand public. Pour les autorités, c’est aussi un signal d’alerte : derrière les oiseaux aux plumes éclatantes, se cachent parfois des trafics bien plus sombres.