Mardi soir, un jeune homme de 18 ans a été atteint par balle dans le quartier Argentine à Beauvais. L’enquête s’oriente vers un possible règlement de compte lié aux trafics. La scène s’est déroulée en bas d’un immeuble de l’avenue Jean-Moulin, dans le quartier Argentine, vers 19 heures. Un coup de feu a retenti, semant l’émoi alors que des enfants jouaient encore à proximité. La victime, touchée à la cuisse, a été prise en charge rapidement. Son pronostic vital n’est pas engagé, mais l’impact de l’attaque sur le climat local est réel. Le parquet de Beauvais a ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire, confiée à la police judiciaire. À ce stade, aucun suspect n’a été interpellé. Des témoignages évoquent une voiture avec deux individus à bord, aperçue peu avant le tir. Une hypothèse que les enquêteurs tentent de corroborer.
Une « jambisation » qui rappelle d’autres affaires
La nature de la blessure – volontairement localisée sur la jambe – oriente les policiers vers un mode opératoire connu : la « jambisation », consistant à viser les membres inférieurs pour intimider ou punir, sans tuer. Cette pratique, fréquente dans les cercles liés au trafic de stupéfiants, a déjà été observée dans d’autres villes récemment. Le 4 août à Grigny, deux hommes ont été grièvement blessés aux jambes. Fin juin à Creil, un jeune avait également été atteint au pied sur fond de rivalité liée à un point de deal. À Beauvais, le jeune blessé était déjà connu des services de police. Selon les autorités, il n’a pas souhaité coopérer avec les enquêteurs. Le maire de la ville, Franck Pia, s’inquiète de la montée en puissance de cette violence ciblée. Il a annoncé vouloir porter le nombre de caméras de vidéosurveillance de 200 à 500 pour renforcer la réactivité des forces de l’ordre. Un signal politique dans une ville désormais rattrapée par des logiques de représailles qui s’ancrent dans l’espace public.