Bayeux : deux braconniers interpellés : près d’une tonne de viande de cerf écoulée
Bayeux : deux braconniers interpellés : près d’une tonne de viande de cerf écoulée

Ils tuaient la nuit, découpaient sur place, et revendaient la viande sous le manteau. Deux hommes d’une cinquantaine et d’une soixantaine d’années ont été interpellés lundi 5 mai 2025 par la gendarmerie de Bayeux, après une longue enquête sur un trafic de gibier illégal dans la forêt domaniale de Cerisy, au sud-ouest de Bayeux (Calvados). À eux deux, ils auraient écoulé jusqu’à une tonne de viande de cerf, découpée clandestinement puis revendue dans une filière encore floue. Le mode opératoire était bien rôdé : à la tombée de la nuit, les deux suspects sillonnaient la lisière en véhicule, coupaient le moteur dès qu’un animal était repéré, et abattaient le gibier à l’aide de fusils à lunette thermique et silencieux. Sur place, ils prélevaient la viande, abandonnant les restes. Des charnier sauvages ont été découverts un peu partout dans la forêt, alimentant l’inquiétude croissante des riverains.

Une traque minutieuse et un démantèlement en règle

Trois mois d’enquête, des écoutes, des surveillances nocturnes, la coopération entre la gendarmerie, l’OFB, la police municipale, les gardes-chasse et les habitants : tout a convergé vers le démantèlement de cette équipe aguerrie, dont l’activité illégale prenait de l’ampleur. Au moment de l’interpellation, les enquêteurs ont saisi deux véhicules utilisés pour le braconnage, une dizaine d’armes de grande chasse, ainsi que de nombreux indices consolidant les accusations. Les gardes à vue ont été levées dès le lendemain, mais les deux hommes seront prochainement présentés à la justice, où l’ampleur exacte du trafic devra être établie. « C’est la première fois que je travaille sur un dossier de ce genre », confie le lieutenant-colonel Pierre Thoumelin, qui souligne l’importance d’un travail collectif face à des braconniers “très rusés”. La forêt de Balleroy retrouve son calme, mais le choc reste vif : des coups de feu dans la nuit, des restes d’animaux abandonnés, et un trafic qui, cette fois, n’a pas échappé à la vigilance des autorités.

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