Ce devait être un simple trajet vers une séance de chimiothérapie. C’est devenu une affaire nationale. Ludivine, habitante de Compiègne atteinte d’un cancer rare, avait été verbalisée de 50 euros pour avoir acheté son billet quelques minutes après être montée dans un TER en direction de Paris. Son train initial ayant été retardé, elle avait pris une rame précédente, de peur d’arriver en retard à l’institut Curie. Une décision dictée par l’urgence et le bon sens, mais pas par le règlement. Malgré ses explications et son état de santé, le contrôleur était resté inflexible. Elle avait payé, en larmes, le prix de ce qu’elle pensait être un geste anodin. Mais la médiatisation de son témoignage a tout changé. Ce lundi, la SNCF a annoncé qu’elle renonçait à l’amende, évoquant un « cas particulier » qui aurait dû faire l’objet d’un traitement adapté.
Une décision tardive qui laisse un goût amer
La compagnie ferroviaire reconnaît que le contrôleur n’a pas fait preuve de discernement, admettant qu’il y a une différence entre la règle et la manière de l’appliquer. Ludivine a été directement contactée par les services de la SNCF, qui se sont dits « très sensibles » à son récit. Elle sera remboursée. Mais la passagère ne décolère pas. Si elle salue le geste, elle regrette que l’attitude du contrôleur n’ait pas été publiquement désavouée. Pour elle, la réaction tardive de l’entreprise envoie un message trouble : celui d’une règle appliquée sans humanité, jusqu’à ce que l’opinion publique s’en mêle. Et cette fois encore, ce n’est pas la raison, mais l’exposition médiatique qui a fini par faire pencher la balance.