L'UE veut exclure les fournisseurs étrangers à haut risque pour la sécurité des réseaux télécoms
L'UE veut exclure les fournisseurs étrangers à haut risque pour la sécurité des réseaux télécoms

La Commission européenne a dévoilé un projet législatif visant à renforcer la protection des infrastructures numériques du continent. Présenté mardi à Strasbourg, le texte prévoit d’exclure des réseaux télécoms européens tout fournisseur étranger considéré comme une menace pour la sécurité, marquant un tournant dans la politique de souveraineté technologique de l’Union.

Jusqu’à présent, Bruxelles s’était contentée de recommandations, laissant aux États membres le soin de restreindre ou non certains équipementiers. Cette approche fragmentée a montré ses limites, plusieurs pays ayant tardé à agir pour des raisons de coûts ou de dépendance industrielle. L’exécutif européen entend désormais imposer un cadre commun, applicable aussi bien aux réseaux mobiles qu’aux infrastructures fixes.

Une rupture avec la logique des simples recommandations

Sans les citer officiellement, la mesure cible en priorité des groupes déjà surveillés de près pour leurs liens avec des puissances étrangères. Le futur dispositif obligerait les opérateurs à remplacer, dans un délai de trois ans, les équipements provenant de fournisseurs classés à risque, afin d’éviter toute faille systémique dans les réseaux stratégiques.

Ce durcissement s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir numérique de l’Europe. La Commission doit prochainement trancher sur le financement des lourds investissements nécessaires à la généralisation de la fibre et de la 5G, tout en maintenant ses engagements internationaux. L’objectif affiché est clair : sécuriser les réseaux sans provoquer de rupture d’approvisionnement ni alourdir excessivement la facture pour les opérateurs et les États membres.

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