L’Union européenne envisage de mettre en place des réserves stratégiques de minéraux essentiels afin de se prémunir contre les potentielles ruptures d’approvisionnement provoquées par les tensions géopolitiques croissantes, selon un projet de document de la Commission européenne cité samedi par le Financial Times. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la résilience économique du bloc face à un monde de plus en plus instable.
Le projet évoque un « paysage de risques de plus en plus complexe et en détérioration », marqué par des conflits armés, les effets aggravants du changement climatique, la dégradation de l’environnement ainsi que la multiplication des menaces hybrides et cybernétiques. Ces facteurs, précise le document, rendent les chaînes d’approvisionnement plus vulnérables, en particulier pour les matériaux indispensables aux technologies vertes et numériques.
Parmi ces minéraux critiques figurent notamment le lithium, le cobalt, les terres rares ou encore le graphite, tous nécessaires à la fabrication de batteries, de semi-conducteurs, d’équipements de défense ou encore de technologies de l’énergie renouvelable. L’Union européenne dépend largement des importations, principalement en provenance de Chine, pour se fournir en ces ressources stratégiques.
La création de ces stocks viserait à atténuer les chocs en cas de perturbation soudaine de l’approvisionnement mondial, tout en soutenant les efforts de l’UE pour développer une industrie locale plus autonome. Elle s’ajouterait aux initiatives déjà en cours pour diversifier les sources d’importation, nouer des partenariats avec des pays producteurs et promouvoir le recyclage des matériaux.
Cette politique de stockage stratégique s’inspire en partie des modèles appliqués dans le domaine énergétique, où des réserves obligatoires de pétrole sont déjà imposées aux États membres pour faire face aux crises. Dans le contexte actuel de tensions commerciales et géopolitiques persistantes, en particulier avec la Russie et la Chine, la Commission entend renforcer la sécurité économique du continent.
Le projet de texte, qui pourrait être finalisé dans les semaines à venir, souligne également la nécessité pour les entreprises et les États membres de coordonner leurs efforts, avec un soutien financier et logistique de Bruxelles. La proposition devra encore faire l’objet de discussions entre les gouvernements nationaux et les institutions européennes avant son éventuelle mise en œuvre.