Le 27 octobre 1806, à peine deux semaines après les éclatantes victoires d’Iéna et Auerstaedt, l’empereur Napoléon Ier fait une entrée triomphale dans Berlin, capitale de la Prusse. Cette marche victorieuse, accomplie sous un soleil éclatant, consacre l’écrasement de l’armée prussienne et le prestige absolu de la Grande Armée en Europe. L’événement marque un tournant dans la guerre de la quatrième coalition, opposant la France à la Prusse, la Russie et l’Angleterre.
Un triomphe après deux batailles décisives
Depuis la campagne d’Allemagne engagée à l’automne 1806, Napoléon cherche à infliger un coup fatal à la puissance prussienne, entrée en guerre par orgueil et sous la pression de ses généraux. Le 14 octobre, ses troupes remportent deux victoires simultanées : à Iéna, où l’Empereur écrase l’aile principale ennemie, et à Auerstaedt, où le maréchal Davout, avec un effectif trois fois inférieur, défait le gros de l’armée prussienne commandée par le duc de Brunswick. En quinze jours, l’armée prussienne, réputée invincible depuis Frédéric II, est anéantie.
Napoléon avance sans résistance vers Berlin. Le roi Frédéric-Guillaume III et la reine Louise fuient vers la Prusse orientale. Le 27 octobre, l’Empereur fait son entrée solennelle dans la capitale vaincue, escorté de ses maréchaux Davout, Augereau et Lefebvre, sous les acclamations mêlées de curiosité et de stupeur de la foule. À la porte de Brandebourg, symbole de la puissance prussienne, les autorités locales viennent lui remettre les clés de la ville.
Le blocus continental et la domination française
Installé dans le palais royal, Napoléon dicte quelques jours plus tard le décret de Berlin (21 novembre 1806), instituant le blocus continental : toute l’Europe, désormais soumise à son influence, doit fermer ses ports aux marchandises anglaises. Ce dispositif vise à ruiner le commerce britannique en isolant son économie, mais il aura aussi pour effet d’appauvrir les pays du continent.
L’entrée de Napoléon à Berlin symbolise alors l’apogée de l’Empire. En moins de deux ans, il a soumis l’Autriche, réduit la Prusse à l’impuissance et s’apprête à affronter la Russie du tsar Alexandre Ier. L’année suivante, la victoire de Friedland (juin 1807) scellera la chute définitive de la coalition et conduira à la signature du traité de Tilsit, où Napoléon et le tsar partageront l’Europe en zones d’influence.