La Commission européenne a saisi l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) afin d’examiner les liens entre Peter Mandelson, ancien ambassadeur britannique aux États-Unis et ex-commissaire européen au Commerce, et le financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels.
Selon un porte-parole de la Commission, l’initiative a été prise le 18 février « au vu des circonstances et de la quantité importante de documents rendus publics ». L’OLAF, chargé d’enquêter sur les fraudes et manquements éthiques au sein des institutions européennes, n’a pas confirmé officiellement l’ouverture d’une enquête, mais pourrait se pencher sur d’éventuelles violations des obligations déontologiques des anciens commissaires.
Figure influente du Parti travailliste britannique, Peter Mandelson est déjà visé au Royaume-Uni par une enquête pour possible faute dans l’exercice de ses fonctions publiques, en lien avec sa relation avec Jeffrey Epstein.
Des documents analysés par l’Associated Press montrent que Mandelson a été en contact avec Epstein et Ghislaine Maxwell avant, pendant et après son mandat de commissaire européen au Commerce (2004-2008). Des relevés bancaires suggèrent qu’Epstein aurait versé 75 000 dollars à Mandelson ou à son conjoint en 2003 et 2004. L’intéressé affirme ne pas se souvenir de ces paiements et conteste leur authenticité.
L’enquête européenne pourrait notamment porter sur la transmission présumée d’informations sensibles. En 2010, Mandelson aurait évoqué par courriel auprès d’Epstein un plan de sauvetage européen de 500 milliards d’euros destiné à stabiliser la zone euro, la veille de son annonce officielle, une information potentiellement exploitable sur les marchés financiers.
Les révélations ont également des conséquences politiques au Royaume-Uni. Le Premier ministre Keir Starmer avait nommé Mandelson à un poste diplomatique malgré les controverses liées à son amitié avec Epstein. Cette décision est désormais critiquée par l’opposition.
Interrogé par la police britannique, Mandelson a été libéré après plusieurs heures d’audition et n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune inculpation. Ses avocats affirment qu’il coopère avec les autorités et dénoncent des accusations infondées.
Les anciens commissaires européens restent soumis à un code de conduite et à des obligations éthiques après leur départ de fonctions. Si des manquements étaient établis, l’OLAF pourrait recommander des suites administratives ou judiciaires.
L’enquête intervient dans un contexte de nouvelles publications de documents liés à l’affaire Epstein, qui continuent de susciter des répercussions internationales.