Les États-Unis ont accusé la Chine de déformer des documents historiques de la Seconde Guerre mondiale afin de justifier ses revendications de souveraineté sur Taïwan et d’isoler l’île sur la scène internationale. L’American Institute in Taiwan, l’ambassade de facto de Washington à Taipei, a affirmé lundi que Pékin « manipule intentionnellement » des textes tels que la Déclaration du Caire, la Proclamation de Potsdam et le Traité de San Francisco.
Ces documents stipulaient que Taïwan, alors colonie japonaise, devait être « restitué » à la Chine après 1945. Pékin affirme que cela fonde sa légitimité à revendiquer l’île. Mais Taipei rappelle que la République populaire de Chine n’existait pas à l’époque et que seule la République de Chine, aujourd’hui réfugiée à Taïwan depuis 1949, était mentionnée. Selon les autorités taïwanaises, aucun traité international ne confère donc à Pékin de droit légal sur l’île.
Ce différend historique a ressurgi à l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, marqué par un imposant défilé militaire organisé par la Chine au début du mois. Pour Taipei, il s’agit d’une instrumentalisation de l’histoire visant à accroître la pression politique et militaire sur l’île.
Washington a réaffirmé que l’avenir de Taïwan devait être déterminé pacifiquement et sans recours à la coercition, tout en dénonçant la campagne chinoise visant à réécrire l’histoire au profit de ses objectifs stratégiques.