Travel ban may shut door for Afghan family to bring niece to US for a better life
Travel ban may shut door for Afghan family to bring niece to US for a better life

Mohammad Sharafoddin, réfugié afghan installé en Caroline du Sud avec sa femme et ses deux enfants, voit s’effondrer l’espoir de faire venir sa nièce aux États-Unis. L’administration Trump vient en effet d’annoncer l’entrée en vigueur, ce lundi, d’une nouvelle interdiction de voyager visant les ressortissants de treize pays, dont l’Afghanistan. Pour la famille Sharafoddin, cette décision sonne comme une double peine : fuir les talibans n’aura pas suffi à offrir un avenir meilleur à leur nièce restée au pays.

Le décret, signé mercredi par le président Donald Trump, élargit une mesure similaire mise en œuvre lors de son premier mandat. En plus de l’Afghanistan, il concerne le Myanmar, le Tchad, le Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Officiellement, ces pays sont accusés de ne pas contrôler efficacement leurs ressortissants ou de ne pas coopérer en matière de rapatriement. Le texte prévoit des exceptions pour les titulaires de visas spéciaux, notamment ceux ayant travaillé avec les forces américaines, mais ne concerne pas les membres de la famille élargie, comme la nièce des Sharafoddin.

Installée à Irmo, une banlieue de Columbia, la famille a fui l’Afghanistan en traversant à pied des montagnes et plusieurs pays. Aujourd’hui, Mohammad travaille dans une entreprise de joaillerie, sa femme Nuriya apprend l’anglais et la conduite, et leurs enfants sont scolarisés. Une stabilité chèrement acquise, qu’ils espéraient partager avec leur nièce. Mais depuis la reprise du pouvoir par les talibans en 2021, les jeunes filles afghanes sont privées d’éducation et cloîtrées chez elles. Leur nièce, passionnée de dessin, n’a plus d’avenir au pays, selon sa tante.

La nouvelle de l’interdiction n’a pas encore été transmise à la jeune fille, tant ses proches craignent de l’accabler davantage. “Je ne suis pas prête à l’appeler. Ce n’est pas une bonne nouvelle. C’est très triste”, confie Nuriya, les larmes aux yeux. La déception est d’autant plus grande que la famille avait commencé à préparer son arrivée aux États-Unis dans l’espoir de lui permettre d’étudier.

Dans la communauté afghane de Caroline du Sud, l’annonce du décret suscite l’incompréhension et l’amertume. “Ce genre de mesure, qui empêche les familles de se réunir, c’est là que ça fait le plus mal”, déplore Jim Ray, bénévole aidant les réfugiés à s’installer. Il souligne que les liens familiaux sont d’autant plus cruciaux pour les exilés que leurs proches restés au pays sont souvent exposés à la misère ou aux persécutions.

Le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, a vivement critiqué la décision américaine, accusant Washington de “manquer à l’amitié humaine” et d’adopter une posture oppressive à l’égard de l’Afghanistan. Une rhétorique qui, si elle est stratégique, n’atténue en rien la douleur des familles privées d’espoir et de retrouvailles. Pour les Sharafoddin, comme pour bien d’autres, les promesses de liberté semblent désormais à sens unique.

Partager