La Chine a vivement réagi lundi à une série de mesures américaines qu’elle juge contraires à l’accord de trêve commerciale signé récemment entre les deux puissances. Pékin dénonce notamment les nouvelles restrictions sur l’exportation de puces d’intelligence artificielle, l’interdiction de vente de logiciels de conception de semi-conducteurs, ainsi que la décision américaine de révoquer des visas d’étudiants chinois.
Dans un communiqué cinglant, le ministère chinois du Commerce accuse les États-Unis de « violer gravement le consensus » établi dans le cadre de l’accord bilatéral conclu il y a moins d’un mois. Celui-ci prévoyait une réduction substantielle des droits de douane imposés ces dernières années, marquant une tentative de réconciliation après des mois de tensions commerciales ravivées par l’administration du président Donald Trump.
Le compromis, censé durer 90 jours, prévoyait notamment un abaissement des droits de douane américains à 30 % contre 145 % auparavant, tandis que la Chine s’engageait à ramener les siens à 10 %. Pékin affirme avoir respecté ses engagements, suspendant les mesures tarifaires et non tarifaires appliquées en représailles, alors que Washington aurait selon elle rouvert unilatéralement les hostilités.
« Les États-Unis ont de nouveau provoqué des frictions économiques et commerciales, aggravant l’instabilité des relations bilatérales », affirme le ministère, ajoutant que la Chine « continuera de prendre des mesures fermes pour défendre ses droits légitimes ». Aucun détail n’a été donné sur la nature de ces mesures potentielles.
Le président Trump a lui-même attisé les tensions vendredi en accusant Pékin de ne pas avoir tenu ses promesses. Dans un message posté sur les réseaux sociaux, il a affirmé : « La mauvaise nouvelle, c’est que la Chine a TOTALEMENT VIOLÉ son accord avec nous. Fini d’être gentil ! » Quelques heures plus tard, il s’est toutefois montré plus conciliant, indiquant vouloir s’entretenir avec le président chinois Xi Jinping pour « espérer régler cela ».
Dans un contexte de rivalité croissante pour la domination technologique mondiale, les États-Unis cherchent à freiner l’accès de la Chine aux technologies de pointe, notamment dans le domaine stratégique de l’intelligence artificielle. Cette confrontation s’étend désormais au secteur académique, Washington ayant annoncé le retrait de visas pour des étudiants chinois, qui sont plus de 275 000 à étudier dans les universités américaines.
La Chine, de son côté, cherche à renforcer son influence dans la région Asie-Pacifique, en particulier à travers ses ambitions sur Taïwan, partenaire technologique clé des États-Unis. Cette nouvelle série d’accusations et de contre-accusations vient assombrir les perspectives d’un accord durable entre les deux géants économiques.