La mort de Didarul Islam, tué le 28 juillet lors d’une fusillade dans un gratte-ciel de Manhattan, a marqué un tournant symbolique pour la communauté bangladaise de New York. Premier policier bangladais-américain de la NYPD à mourir en service, il incarne la montée en puissance de cette diaspora dans les rangs de la police new-yorkaise. Plus de 1 000 des quelque 33 000 agents en uniforme sont aujourd’hui d’origine bangladaise, contre seulement une poignée il y a quelques décennies. À cela s’ajoutent 1 500 employés civils.
Ce bond spectaculaire est en partie lié à l’après-11 septembre, période durant laquelle de nombreux immigrés bangladais ont rejoint la police pour contrer les préjugés visant les musulmans. L’un des pionniers, Shamsul Haque, arrivé aux États-Unis en 1991 et recruté en 2004, explique que la stratégie de recrutement a aussi consisté à inciter les nouveaux arrivants à intégrer d’abord des postes civils ne nécessitant pas la citoyenneté, comme les agents de circulation ou de sécurité scolaire, avant de candidater à l’académie de police une fois naturalisés.
Aujourd’hui, cette présence s’accompagne d’une progression dans la hiérarchie : on compte 10 détectives, 82 sergents, 20 lieutenants et 4 inspecteurs bangladais-américains. Pour le sergent Ershadur Siddique, président de l’association des policiers bangladais, ce succès rappelle l’ascension d’autres vagues d’immigration comme les Irlandais ou les Italiens au siècle dernier.
Le parcours de jeunes recrues comme Ishmam Chowdhury illustre cette dynamique. Arrivé en 2019, il a débuté comme opérateur du 911 avant d’intégrer l’académie. Touché par la mort d’Islam, il dit mesurer les risques du métier tout en voyant dans la NYPD un lieu où travail et mérite peuvent transcender les origines. Pour lui, comme pour beaucoup, le sacrifice d’Islam est à la fois un avertissement et un héritage