L’opposition biélorusse appelle Washington à combiner pressions et incitations face à Loukachenko
L’opposition biélorusse appelle Washington à combiner pressions et incitations face à Loukachenko

En exil à Oslo, la dirigeante de l’opposition biélorusse Sviatlana Tsikhanouskaya a exhorté mercredi les États-Unis à adopter une approche mêlant carotte et bâton dans leurs discussions avec le président Alexandre Loukachenko, qu’elle accuse d’utiliser les prisonniers politiques comme outil de chantage.

Selon elle, le dirigeant au pouvoir depuis 1994 instrumentalise les quelque 1 300 prisonniers politiques recensés dans le pays, que le président américain Donald Trump a qualifiés d’« otages ». Son envoyé spécial pour le Bélarus, John Coale, a obtenu la libération de 51 détenus en septembre, mais les arrestations se sont poursuivies : l’ONG biélorusse Viasna affirme que 157 nouvelles personnes ont depuis été emprisonnées pour des motifs politiques.

Tsikhanouskaya dénonce un « système de portes tournantes » dans lequel chaque libération s’accompagne de nouvelles répressions, rendant essentiel, selon elle, un changement d’approche international. « Loukachenko veut vendre ces prisonniers au prix le plus élevé possible », affirme-t-elle, appelant Washington à imposer davantage de pression tout en offrant des incitations ciblées afin de stopper durablement la répression.

Elle s’est toutefois montrée sceptique quant à l’idée, avancée par certains responsables américains, de détacher Loukachenko de l’influence du président russe Vladimir Poutine. Malgré les efforts diplomatiques de Washington, Tsikhanouskaya estime improbable que Minsk rompe son alignement stratégique avec Moscou.

Pour l’opposition biélorusse, un soutien international accru reste crucial pour obtenir des avancées tangibles, alors que la situation des droits humains continue de se détériorer dans le pays.

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