Les États-Unis ont lancé dans la nuit de samedi à dimanche des frappes contre trois sites nucléaires et militaires iraniens, marquant une escalade dans le conflit entre Israël et l’Iran. Le président américain Donald Trump a qualifié l’opération de « très réussie », précisant que les sites de Natanz, Fordo et Ispahan avaient été ciblés, avec Fordo comme objectif principal. L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a confirmé que les trois sites avaient été attaqués.
Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions extrêmes. Le 13 juin, Israël avait lancé une série de frappes contre des installations iraniennes, affirmant vouloir empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Téhéran, qui maintient que son programme est strictement civil, avait répliqué avec des missiles et des drones contre des cibles israéliennes. Jusqu’à présent, Washington s’était limité à intercepter les attaques iraniennes contre Israël, sans engager de frappes directes.
Le site d’enrichissement de Natanz, situé à 220 kilomètres au sud-est de Téhéran, est la principale installation d’enrichissement de l’uranium en Iran. Il avait déjà été frappé par Israël, notamment en réduisant à néant sa partie en surface. Le site comprend aussi des installations souterraines conçues pour résister aux frappes aériennes. Selon l’AIEA, la majorité des centrifugeuses sur place auraient été détruites par une précédente attaque israélienne. Natanz avait également été la cible du virus Stuxnet, attribué à Israël et aux États-Unis.
Le site de Fordo, creusé sous une montagne à une centaine de kilomètres de Téhéran, est plus petit mais très protégé. Construit dans le secret dès 2007, il n’a été officiellement révélé qu’en 2009, lorsque les services occidentaux ont découvert son existence. Sa structure souterraine le rend difficile à frapper, sauf avec des bombes « anti-bunker » comme la GBU-57, que seuls les bombardiers furtifs américains B-2 peuvent transporter. L’usage d’un tel armement implique une implication directe et assumée de Washington.
Le centre nucléaire d’Ispahan, situé à environ 350 kilomètres au sud-est de Téhéran, abrite des milliers de scientifiques ainsi que plusieurs réacteurs de recherche d’origine chinoise. Israël a déjà frappé des installations sur ce site, notamment une unité de conversion d’uranium. Selon l’AIEA, aucune hausse de la radioactivité n’a été détectée après les attaques.
D’autres sites nucléaires iraniens n’auraient pas été ciblés par les frappes américaines. C’est le cas de la centrale de Bouchehr, sur le Golfe Persique, construite avec l’aide de la Russie, ou du réacteur à eau lourde d’Arak, potentiellement utilisable pour produire du plutonium militaire. À Téhéran même, le réacteur de recherche de l’Organisation de l’énergie atomique fonctionne aujourd’hui à l’uranium faiblement enrichi.
La décision américaine d’entrer directement dans le conflit militaire marque un tournant potentiellement dangereux. Elle enterre, au moins temporairement, les discussions en cours sur la levée des sanctions contre l’Iran en échange d’une limitation de son programme nucléaire. La communauté internationale redoute désormais une spirale de représailles plus large au Moyen-Orient.