Les États-Unis ont annoncé mardi l’imposition de sanctions contre plusieurs réseaux de cyberescroqueries opérant en Birmanie et au Cambodge, accusés d’avoir détourné des dizaines de milliards de dollars à des victimes américaines l’an dernier. Le département du Trésor a précisé que ces entités étaient également liées à des activités de traite d’êtres humains et de travail forcé.
Selon Washington, ces réseaux criminels ont attiré ou kidnappé des centaines de milliers de personnes, souvent originaires d’Asie, pour les forcer à travailler dans des centres d’escroquerie en ligne, notamment dans des complexes situés le long de la frontière thaïlando-birmane. Les victimes, retenues dans des conditions assimilées à l’esclavage moderne, étaient contraintes de manipuler des internautes à travers de fausses offres d’investissement ou de jeux illégaux.
« L’industrie du cyberescroquerie en Asie du Sud-Est menace non seulement la sécurité financière des Américains, mais réduit aussi des milliers de personnes à l’esclavage moderne », a déclaré John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte contre le terrorisme.
Ces sanctions visent à couper l’accès de ces groupes au système financier international, mais aussi à alerter sur l’ampleur du phénomène, devenu une industrie florissante en Asie du Sud-Est.
La junte birmane et le gouvernement cambodgien n’ont pas immédiatement réagi aux accusations. Toutefois, des ONG locales et internationales alertent depuis plusieurs années sur l’implication d’organisations criminelles transnationales dans ces escroqueries massives et sur la complicité de certaines autorités locales.
Avec cette décision, Washington entend accroître la pression sur les gouvernements de la région pour qu’ils s’attaquent plus fermement à ces pratiques qui combinent fraude financière mondiale et violations graves des droits humains.