WASHINGTON – L’arrestation récente de Giovanna Hernandez, une travailleuse sociale de 24 ans originaire de l’Alabama, par les services de l’immigration américains (ICE), a déclenché une vague de protestations de ses proches et de groupes de défense des droits des immigrés. L’affaire met en lumière l’intensification des politiques migratoires mises en œuvre sous l’administration Trump, notamment à l’encontre des personnes sans antécédents criminels.
Hernandez a été interpellée mardi matin lors d’un simple contrôle routier pour excès de vitesse dans la ville de Leeds, près de Birmingham, selon son frère, Dilan Hernandez. Après avoir été brièvement incarcérée dans la prison locale, elle a été transférée sous la garde de l’ICE, l’agence chargée de l’application des lois sur l’immigration. Son incarcération survient alors qu’elle aurait manqué la date limite de renouvellement de sa demande DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals), un programme destiné à protéger de l’expulsion les personnes arrivées illégalement aux États-Unis alors qu’elles étaient enfants.
Des groupes communautaires et des militants ont rapidement réagi, appelant à sa libération immédiate. Pour eux, Hernandez incarne le visage des milliers de jeunes sans papiers qui vivent, travaillent et contribuent à la société américaine, mais se retrouvent aujourd’hui dans l’incertitude face à une politique migratoire de plus en plus dure.
Depuis le retour de Donald Trump à la présidence en janvier, les arrestations de personnes sans casier judiciaire par l’ICE ont fortement augmenté. L’administration actuelle a multiplié les contrôles, les détentions et les procédures d’expulsion, notamment en supprimant les priorités de l’ère Biden qui limitaient les poursuites aux individus représentant une menace pour la sécurité nationale ou ayant des antécédents criminels.
Les soutiens de Giovanna Hernandez, dont des collègues et des responsables religieux locaux, dénoncent une application « aveugle et injuste » de la loi. Ils soulignent son engagement dans la communauté, son travail auprès des familles vulnérables, et le fait qu’elle n’ait jamais eu affaire à la justice auparavant.
Alors que la jeune femme risque aujourd’hui une expulsion vers un pays qu’elle ne connaît pas, la pression monte sur les autorités locales et fédérales pour reconsidérer sa situation. Des pétitions circulent et une manifestation est prévue ce week-end devant le centre de détention où elle est retenue.