Cisjordanie : Washington qualifie l’attaque contre une église palestinienne d’« acte terroriste »
Cisjordanie : Washington qualifie l’attaque contre une église palestinienne d’« acte terroriste »

Les États-Unis ont fermement condamné samedi l’attaque perpétrée contre une église palestinienne en Cisjordanie occupée, la qualifiant d’« acte terroriste » et appelant à ce que ses auteurs soient identifiés et traduits en justice. L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a tenu ces propos lors d’une visite dans la ville chrétienne de Taybeh, théâtre de l’incident.

Selon les responsables religieux locaux, des colons israéliens auraient incendié une zone située à proximité d’un cimetière et d’une église datant du Ve siècle, dans la nuit du 8 juillet. « C’est un acte terroriste et un crime », a déclaré Huckabee dans un communiqué. « Ceux qui commettent des actes de terrorisme et de violence à Taybeh – ou ailleurs – doivent être retrouvés et poursuivis. Il ne suffit pas de les réprimander. »

Le gouvernement israélien n’a pas réagi publiquement à cet incident en particulier, bien qu’il ait déjà condamné d’autres attaques de colons par le passé. L’intervention de Huckabee, fervent partisan des colonies israéliennes, marque un rare moment de désapprobation directe de la part de l’administration Trump à l’égard d’actions menées par des extrémistes israéliens dans les territoires occupés.

Plus tôt cette semaine, l’ambassadeur américain avait déjà dénoncé le meurtre d’un Américain d’origine palestinienne, battu à mort par des colons en Cisjordanie. Il avait alors qualifié les faits d’« acte criminel et terroriste » et demandé à Israël une enquête « agressive » sur l’affaire.

Cette prise de position survient dans un contexte de tensions croissantes en Cisjordanie, où les violences entre colons israéliens et Palestiniens se sont intensifiées depuis le déclenchement de la guerre à Gaza contre le Hamas en octobre 2023. Si les violences y couvaient déjà depuis des années, la situation s’est nettement détériorée depuis l’élargissement du conflit.

En janvier dernier, le président Donald Trump a annulé les sanctions instaurées par l’administration Biden à l’encontre de certains groupes de colons et d’individus impliqués dans des violences contre des civils palestiniens. Cette décision avait été vivement critiquée par les défenseurs des droits humains et plusieurs chancelleries internationales.

La communauté internationale reste profondément divisée sur la question des colonies israéliennes. La plus haute juridiction des Nations Unies a réaffirmé l’an dernier que ces implantations, situées dans les territoires conquis lors de la guerre de 1967, sont illégales au regard du droit international. Israël conteste cette interprétation, invoquant des raisons historiques, religieuses et sécuritaires.

Alors que les attaques se multiplient et que les tensions montent dans les territoires occupés, la déclaration de Mike Huckabee met en lumière l’ambivalence croissante au sein même de l’administration américaine à propos de la politique israélienne en Cisjordanie.

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