Un événement spatial rare mais surveillé de près s’apprête à se produire ce samedi : un fragment de la sonde soviétique Cosmos 482, lancée en 1972, devrait faire son retour sur Terre après plus de 50 ans en orbite. Pour l’heure, les scientifiques ignorent encore où ce morceau d’histoire spatiale pourrait atterrir.
“La capsule fait tout de même près d’une demi-tonne, c’est un gros morceau qui va retomber du ciel”, a alerté l’astrophysicien Jonathan McDowell dans une interview à Sky News. Cette sonde avait été envoyée depuis le Kazakhstan dans le cadre d’une mission vers Vénus, mais elle n’a jamais quitté l’orbite terrestre basse. D’après la NASA, elle s’est désintégrée en quatre morceaux peu après le lancement. L’un d’eux, potentiellement l’atterrisseur principal, est désormais sur une trajectoire de rentrée atmosphérique.
Ce retour incontrôlé soulève quelques inquiétudes, même si les experts se veulent rassurants. “Il est bien plus probable de gagner à la loterie que d’être touché par ce type de débris spatial”, relativise Stijn Lemmens, analyste de la réduction des débris à l’Agence spatiale européenne. La capsule est conçue pour résister à des conditions extrêmes, notamment la chaleur intense et la pression de l’atmosphère de Vénus, ce qui la rend particulièrement robuste face à la rentrée terrestre.
34000 objets autour de la Terre
Avec environ 34 000 objets recensés en orbite autour de la Terre, les chutes d’engins spatiaux ne sont pas rares. Ce qui distingue Cosmos 482, c’est son âge et sa conception. Après un demi-siècle dans l’espace, il est peu probable que son système de parachute fonctionne encore, ce qui augmente la vitesse de la chute. Et bien que le point d’impact reste imprévisible, il pourrait théoriquement survenir n’importe où : d’un quartier de Londres aux forêts de Colombie.
Pour les scientifiques, ce type d’événement rappelle surtout un danger plus vaste. “Le principal risque lié à ces objets n’est pas leur chute, mais les collisions qu’ils peuvent provoquer avec d’autres satellites en orbite”, soulignent plusieurs chercheurs français.
En attendant que la sonde touche le sol, les agences spatiales restent donc en alerte…