Une entreprise japonaise privée tente un atterrissage historique au nord de la Lune
Une entreprise japonaise privée tente un atterrissage historique au nord de la Lune

Un alunisseur japonais privé s’apprête à tenter un atterrissage audacieux dans l’extrême nord de la Lune, une région encore inexplorée. Cette mission, portée par la société tokyoïte ispace, marque une nouvelle étape dans la course commerciale vers notre satellite naturel, traditionnellement dominée par les agences spatiales nationales.

L’engin spatial, baptisé Resilience, doit se poser ce jeudi à 21h17 (heure de Paris). Il s’agit du deuxième essai lunaire pour ispace, après un premier échec en 2023. Cette nouvelle tentative, plus ambitieuse, emporte un mini-rover équipé d’une pelle destinée à recueillir des échantillons lunaires, ainsi qu’un objet artistique inattendu : une maisonnette rouge suédoise de la taille d’un jouet, que l’équipe prévoit de déposer sur le sol lunaire.

Lancé en janvier depuis la Floride, Resilience a rejoint l’orbite lunaire le mois dernier, après un long périple partagé avec la sonde américaine Blue Ghost de Firefly Aerospace. Cette dernière a réussi en mars le premier atterrissage lunaire privé réussi. En revanche, l’atterrisseur d’Intuitive Machines, arrivé peu après, s’est écrasé dans un cratère près du pôle sud.

L’approche choisie par ispace est plus prudente : Resilience vise une zone relativement plate dans le Mare Frigoris ou « mer du froid », au nord de la face visible de la Lune. Ce site présente moins de risques que les régions ombragées du pôle sud. Si l’atterrissage se passe bien, l’alunisseur enverra ses premières images dans les heures ou jours suivants. Le déploiement du rover est prévu au plus tôt ce week-end.

Le rover, nommé Tenacious (« Ténace »), a été conçu en Europe. Il pèse à peine 5 kg et est doté d’une caméra haute définition. Il explorera les environs à une vitesse de quelques centimètres par seconde et pourra parcourir jusqu’à un kilomètre, tout en réalisant des prélèvements de régolithe pour le compte de la NASA. Sa mission durera environ deux semaines, correspondant à la période d’ensoleillement sur place.

Ce projet ne se limite pas à la science : il embarque aussi un message artistique avec la « Moonhouse », une maisonnette traditionnelle suédoise imaginée par l’artiste Mikael Genberg. Symboliquement, elle sera placée sur le sol lunaire, ajoutant une touche culturelle à cette entreprise technologique.

Le fondateur et PDG d’ispace, Takeshi Hakamada, voit dans cette mission un simple tremplin. Un autre atterrisseur, plus massif et conçu en partenariat avec la NASA, est prévu pour 2027. L’objectif affiché n’est pas de dominer le marché lunaire, mais de le créer. « C’est un marché immense, avec un potentiel gigantesque », a déclaré Jeremy Fix, ingénieur en chef de la filiale américaine d’ispace.

Seules cinq nations ont réussi des atterrissages robotiques sur la Lune : la Russie, les États-Unis, la Chine, l’Inde et récemment le Japon. Parmi elles, seuls les États-Unis ont envoyé des humains. La NASA prévoit un vol habité autour de la Lune dès l’an prochain, suivi d’un atterrissage avec l’aide du vaisseau Starship de SpaceX. La Chine, de son côté, vise un alunissage humain d’ici 2030.

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