Depuis Saint-Germain-en-Laye, la jeune pousse Alatyr ambitionne de propulser la recherche scientifique au-delà de l’atmosphère terrestre. Son objectif : mettre en orbite, d’ici trois ans, un laboratoire spatial entièrement automatisé, conçu pour fonctionner sans intervention humaine en microgravité. Ce projet audacieux était présenté dans les allées du dernier Salon du Bourget.
Un satellite pas comme les autres
Extérieurement, le laboratoire spatial d’Alatyr pourrait passer pour un satellite classique, doté de son corps cylindrique et de panneaux solaires. Mais à l’intérieur, il renfermerait un véritable centre de recherche animé par des bras robotisés autonomes et dédié à la culture de cellules. L’innovation réside aussi dans sa logistique : les expériences, les échantillons et les équipements seraient envoyés ou récupérés en orbite via des véhicules automatisés, éliminant toute manipulation humaine directe. Selon Emeric Lhomme, cofondateur d’Alatyr, la microgravité offre un terrain d’exploration inédit. Elle permettrait aux cellules ou molécules, comme celles impliquées dans le développement de médicaments, de se structurer différemment, révélant ainsi des propriétés insoupçonnées. Il évoque également le potentiel d’études accélérées sur des pathologies telles que l’ostéoporose, en observant les effets de la gravité quasi nulle sur des organismes sains, un domaine déjà exploré par l’Agence spatiale européenne.
Vers une station spatiale sans astronaute
Loin de se limiter à un seul laboratoire orbital, Alatyr rêve aussi de stations robotisées capables de se poser sur la Lune ou sur Mars. Le modèle développé à 400 kilomètres d’altitude pourrait ainsi, selon ses concepteurs, être transposé à 400 000 kilomètres. En supprimant la contrainte humaine, la start-up espère multiplier les expériences et accélérer la recherche appliquée dans les domaines biomédical, géologique ou pharmacologique. « Il y a un continent à découvrir », affirme Emeric Lhomme, convaincu que l’automatisation en microgravité est appelée à transformer la recherche scientifique.