Destination planète Mars : nouveau report du vol d’essai de la fusée SpaceX. (AP/Eric Gay)
Destination planète Mars : nouveau report du vol d’essai de la fusée SpaceX. (AP/Eric Gay)

Le vol d’essai numéro dix de Starship, la mégafusée de SpaceX développée pour les futures missions lunaires et martiennes, a été une nouvelle fois reporté. Prévu initialement dimanche, le décollage avait déjà été annulé quelques dizaines de minutes avant l’allumage des moteurs en raison d’une défaillance sur les systèmes au sol, liée à une fuite cryogénique. Alors que tous les regards étaient tournés vers Boca Chica, au Texas, une deuxième tentative programmée lundi soir n’a pas pu avoir lieu non plus, cette fois à cause des mauvaises conditions météorologiques.

Les explications de SpaceX

Lors de la retransmission en direct, Dan Huot, porte-parole de SpaceX, a expliqué que les conditions atmosphériques autour du site de lancement présentaient des risques trop importants, notamment liés à la formation de nuages orageux. « Malheureusement, le lancement n’aura pas lieu aujourd’hui, la météo nous en a empêché », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’une nouvelle fenêtre de tir pourrait s’ouvrir dès mardi en fin d’après-midi, heure locale. L’entreprise espère ainsi profiter d’une amélioration des prévisions pour enfin tenter ce vol particulièrement attendu.

Un essai sous haute pression

Ce dixième vol d’essai est crucial pour SpaceX. Les trois dernières tentatives, réalisées plus tôt dans l’année, s’étaient soldées par des explosions, rappelant la complexité d’un programme mené à la limite de la technologie. Starship, haute de plus de 120 mètres et conçue pour être intégralement réutilisable, doit valider une série d’étapes techniques clés : démonstration d’un déploiement simulé de satellites, tests de rentrée atmosphérique avec son bouclier thermique et retour contrôlé du booster dans le golfe du Mexique.

Des interrogations sur la fiabilité

Si la stratégie de SpaceX repose sur une méthode d’essais répétés, y compris au risque d’échecs spectaculaires, certains observateurs soulignent que les succès restent pour l’instant inférieurs aux revers. Pour eux, la fusée ne s’est pas encore révélée fiable et chaque report, qu’il soit lié à des problèmes techniques ou aux caprices de la météo, accentue la pression sur l’entreprise d’Elon Musk. Cette étape est pourtant indispensable : Starship a été choisie par la NASA pour transporter les astronautes du programme Artemis vers la surface de la Lune au cours de la seconde moitié de la décennie.

Une fusée au cœur des ambitions spatiales

Malgré les contretemps, SpaceX poursuit sa philosophie du « test-to-failure », une approche qui consiste à apprendre rapidement de chaque anomalie pour améliorer les prototypes suivants. L’explosion en juin dernier d’un étage supérieur lors d’un essai statique n’a pas ralenti le calendrier : un nouveau vaisseau a immédiatement été préparé pour ce vol d’essai numéro dix. Pour Elon Musk, la réussite de Starship ne se limite pas à la Lune : elle représente la clé de sa vision d’une humanité multi-planétaire, capable de s’installer sur Mars et d’envisager des voyages intercontinentaux ultra-rapides sur Terre.

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