Les forces syriennes lancent un raid contre des cellules de l’État islamique à Alep : un tournant sécuritaire majeur
Les forces syriennes lancent un raid contre des cellules de l’État islamique à Alep : un tournant sécuritaire majeur

Les autorités syriennes ont annoncé samedi avoir mené une vaste opération contre des cellules dormantes de l’État islamique dans la ville d’Alep, la deuxième plus grande de Syrie, marquant la première intervention de ce type depuis la prise de pouvoir du président par intérim Ahmed al-Sharaa. L’assaut a conduit à la mort d’au moins un militant et à l’arrestation de dix autres individus, selon des sources officielles.

Un membre des forces de sécurité a également perdu la vie durant l’opération, ont précisé les autorités dans un communiqué du ministère de l’Intérieur. Lors des perquisitions, les forces gouvernementales ont saisi un important arsenal, incluant des armes, des explosifs et des uniformes falsifiés arborant des insignes des forces de l’ordre, illustrant la menace persistante représentée par l’organisation terroriste.

Les raids ont été menés simultanément dans quatre localités d’Alep, ciblant des cellules soupçonnées de planifier des attentats. Une source sécuritaire a révélé que l’un des membres de l’EI s’est fait exploser lors de l’opération, tandis qu’un autre a été tué dans des échanges de tirs.

Cette opération survient dans un contexte de bouleversements politiques majeurs à Damas. Ahmed al-Sharaa, ancien chef d’une branche d’Al-Qaïda en Syrie, a rompu ses liens avec le groupe en 2016 avant d’accéder au pouvoir en décembre dernier après la chute de Bachar al-Assad. Longtemps adversaire de l’État islamique, Sharaa a joué un rôle clé dans la lutte contre le califat autoproclamé durant la guerre civile.

Sa posture a été renforcée cette semaine par un rapprochement inattendu avec les États-Unis. En visite en Arabie saoudite, le président américain Donald Trump a rencontré Sharaa et l’a salué comme « un homme attrayant avec un passé très fort ». Trump a par ailleurs annoncé la levée prochaine des sanctions économiques visant la Syrie, signalant un revirement majeur de la politique américaine au Moyen-Orient.

L’État islamique, bien que défait territorialement, demeure actif en Syrie et en Irak, menant des attaques sporadiques. En janvier, une cellule de l’EI avait tenté une attaque contre le sanctuaire chiite de Sayeda Zeinab près de Damas. Plus récemment, en avril, cinq combattants des Forces démocratiques syriennes ont été tués dans l’est du pays lors d’une offensive du groupe.

Le raid de samedi à Alep marque un tournant sécuritaire pour le gouvernement intérimaire, soucieux d’asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire et de contenir la résurgence djihadiste.

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