L’armée israélienne a ordonné jeudi aux habitants du quartier d’Al-Naser, dans l’ouest de la ville de Gaza, d’évacuer vers le sud, avertissant que ses troupes allaient prendre le contrôle de cette zone jusque-là relativement épargnée par les combats. Des tracts largués depuis les airs appelaient la population à quitter immédiatement les lieux.
Cette injonction a plongé les familles dans un dilemme douloureux. Certains habitants ont choisi de partir, rejoignant le flot de déplacés qui se dirige vers le centre et le sud de la bande de Gaza. D’autres, épuisés par des mois de déplacements répétés, ont décidé de rester, craignant de perdre à nouveau leur maison et de se retrouver dans des camps déjà surpeuplés.
Depuis le début de l’offensive israélienne, lancée après les attaques du Hamas, des centaines de milliers de Palestiniens ont été contraints de quitter leurs foyers. Les conditions humanitaires dans le sud, où l’accès à l’eau, aux soins et à l’électricité est limité, restent extrêmement précaires.
Cette nouvelle phase militaire intervient alors que les perspectives de cessez-le-feu s’assombrissent. Selon des sources diplomatiques, les négociations menées au Qatar ont été fragilisées par une récente frappe israélienne sur le territoire qatari, compliquant les efforts de médiation régionale.
Pour les habitants de Gaza, l’incertitude est totale : partir vers le sud, au risque de s’entasser dans des zones déjà saturées et peu sûres, ou rester dans un quartier désormais ciblé par l’armée israélienne. Un choix impossible qui illustre l’impasse humanitaire et politique dans laquelle la bande côtière est plongée depuis près d’un an.