Les États-Unis ont publié mardi une évaluation environnementale qui alerte sur la menace que représentent les collisions avec des navires pétroliers et gaziers pour la baleine de Rice, une espèce en voie de disparition vivant dans le golfe du Mexique — une région que l’administration Trump a officiellement rebaptisée « Golfe d’Amérique ».
Ce document, appelé avis biologique, sert de référence pour la régulation des activités pétrolières et gazières afin de préserver la faune marine menacée. Il conclut que la poursuite des opérations dans cette zone pourrait compromettre la survie de l’espèce, dont il ne resterait qu’environ 51 individus. Les nouvelles mesures imposent une distance minimale de 500 mètres entre les navires et les baleines, ainsi que des limitations de vitesse en cas de repérage.
Cette révision intervient après qu’un juge fédéral a ordonné au National Marine Fisheries Service de revoir sa précédente analyse, jugée insuffisante face aux risques réels — notamment les déversements de pétrole et les collisions avec les navires. Sans cette nouvelle version, les opérations énergétiques dans le golfe risquaient d’être suspendues à la date butoir du 21 mai.
Les groupes industriels, tels que l’American Petroleum Institute et la National Ocean Industries Association (NOIA), ont salué la parution du rapport mais critiquent ses conclusions. « Nous sommes préoccupés par l’inclusion d’une conclusion mettant en péril la baleine de Rice », a réagi Erik Milito, président de la NOIA. Il estime que cette position ne reflète pas les meilleures données scientifiques disponibles et introduit une « incertitude réglementaire inutile ».
À l’inverse, les défenseurs de l’environnement estiment que les mesures envisagées sont insuffisantes. « C’est tout aussi inadéquat que le précédent avis », a affirmé Chris Eaton, avocat de l’organisation Earthjustice, à l’origine d’un recours judiciaire pour la protection de l’espèce. Selon lui, le document actuel autorise des activités qui, sur les 45 prochaines années, entraîneront la mort de neuf baleines et en blesseront grièvement trois autres — ce qui pourrait condamner l’espèce.
La baleine de Rice, qui vit exclusivement dans les eaux profondes du nord du golfe du Mexique, a été identifiée comme espèce distincte seulement récemment, et sa vulnérabilité a depuis mobilisé les scientifiques comme les militants écologistes. Face à la pression croissante exercée par les industriels de l’énergie, la bataille pour sa survie s’inscrit désormais au cœur d’un débat plus large entre impératifs économiques et conservation de la biodiversité.