Des centaines de manifestants ont défilé dimanche dans les rues de Séville, sous une chaleur accablante, pour appeler à des mesures concrètes en matière d’annulation de la dette, de justice climatique et de taxation des plus riches. Cette mobilisation intervient à la veille de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, organisée par l’ONU dans la capitale andalouse.
Rassemblant des militants venus d’Espagne et de plusieurs pays du Sud global, la marche visait à mettre la pression sur les décideurs politiques et financiers internationaux réunis pour ce sommet qui, selon ses détracteurs, manque cruellement d’ambition face à l’urgence économique et écologique mondiale. Les pancartes arboraient des messages tels que « Dette illégitime = vol légalisé » ou « Les riches doivent payer pour la crise climatique ».
« Nous sommes ici pour exiger que la communauté internationale prenne ses responsabilités. Le poids de la dette écrase les pays du Sud, les empêchant de financer leur transition écologique ou de répondre aux besoins de leurs populations », a déclaré Marta García, porte-parole de la plateforme espagnole « Deuda y Clima ».
Les organisateurs de la marche dénoncent notamment l’absence de mécanisme mondial efficace pour la restructuration ou l’annulation des dettes souveraines. Ils demandent qu’un cadre international équitable, sous l’égide des Nations unies, soit instauré pour éviter que les créanciers privés ou les institutions financières comme le FMI n’imposent des conditions jugées injustes et socialement destructrices.
Au cœur des revendications figure également la justice climatique. Les manifestants estiment que les pays les plus riches, historiquement responsables des émissions de gaz à effet de serre, doivent non seulement réduire drastiquement leurs émissions, mais aussi financer l’adaptation et les réparations pour les pays vulnérables confrontés à des catastrophes de plus en plus fréquentes.
Par ailleurs, la taxation des grandes fortunes a été largement évoquée comme un levier crucial pour financer la transition écologique mondiale. Plusieurs ONG présentes ont plaidé pour un impôt mondial sur les ultra-riches, en s’appuyant sur les travaux récents de l’économiste Gabriel Zucman, qui doit justement présenter un rapport sur ce sujet lors du sommet.
Malgré la mobilisation citoyenne, de nombreux observateurs estiment que les avancées concrètes du sommet risquent d’être limitées, en raison des désaccords persistants entre pays du Nord et du Sud sur les responsabilités historiques, les priorités budgétaires et les mécanismes de redistribution.
Alors que les délégations officielles commencent à arriver à Séville, les militants promettent de maintenir la pression durant toute la durée de la conférence, dans l’espoir que leurs voix ne soient pas reléguées aux marges des discussions diplomatiques.