Un rare temple solaire du roi Niousserê découvert près du Caire
Un rare temple solaire du roi Niousserê découvert près du Caire

Enfoui sous des sédiments pendant plus de quatre millénaires, le temple solaire du pharaon Niousserê a été partiellement exhumé par une équipe d’archéologues italiens dans la nécropole d’Abousir, au sud de la capitale égyptienne.

Un édifice antique longtemps invisible

Le ministère égyptien des Antiquités a confirmé, le 12 décembre, qu’un chantier de fouilles mené par une mission italienne venait de mettre au jour plus de la moitié d’un monument majeur de l’Égypte antique. Il s’agit du temple solaire de Niousserê, souverain de la Ve dynastie, dédié au culte du dieu Rê. L’édifice, longtemps inaccessible en raison d’un niveau trop élevé des nappes phréatiques, avait été repéré dès 1901 par l’archéologue allemand Ludwig Borchardt, célèbre pour avoir découvert le buste de Néfertiti.

La structure dégagée révèle une surface de plus de 1 000 m², marquée par des éléments impressionnants : bases de colonnes, seuils en granite, revêtements muraux, ainsi qu’une rampe inclinée qui aurait pu relier le bâtiment au Nil ou à l’un de ses anciens bras. Le site d’Abousir, situé à une vingtaine de kilomètres au sud du Caire, est déjà connu pour abriter plusieurs pyramides royales plus modestes que celles de Gizeh.

Un témoignage rare du culte solaire égyptien

D’après les données communiquées par le ministère et relayées par plusieurs institutions scientifiques comme l’université de Leicester, seuls deux temples solaires ont été formellement identifiés à ce jour, dont celui de Niousserê. Ces monuments, construits sous les règnes successifs de la Ve dynastie, jouaient un rôle central dans la vénération du dieu solaire Rê, une divinité majeure de la cosmologie égyptienne.

L’architecture particulière du temple, décrite comme « unique » par les archéologues Massimiliano Nuzzolo et Rosanna Pirelli qui dirigent la mission, en fait l’un des exemples les plus remarquables de ce type de sanctuaire. La découverte enrichit considérablement la connaissance des pratiques religieuses du temps des pharaons, et confirme l’importance stratégique et symbolique d’Abousir dans l’organisation funéraire et spirituelle de l’Ancien Empire.

Partager