Xavier Bertrand s’en prend frontalement à la politique budgétaire de Sébastien Lecornu. En marge des Assises des départements de France, organisées ce vendredi 16 octobre à Reims, le président des Hauts-de-France a comparé le gouvernement à un « pickpocket qui fait les poches des élus locaux tous les ans ». Une formule particulièrement sévère destinée à dénoncer les économies demandées aux collectivités territoriales, alors que l’État peine lui-même à maîtriser son endettement.
L’ancien ministre considère que les collectivités servent trop régulièrement de variable d’ajustement aux difficultés financières de l’État. Il reproche au gouvernement de demander des efforts supplémentaires aux départements, aux régions et aux communes, alors que ces institutions doivent continuer à financer des services publics essentiels.
Xavier Bertrand réclame une « République des territoires »
Pour Xavier Bertrand, le problème dépasse les seules mesures du budget 2027. Le président de région dénonce un fonctionnement excessivement centralisé de l’État, qui conserverait selon lui une grande partie du pouvoir de décision tout en transférant certaines charges financières aux collectivités.
Il défend ainsi une « République des territoires », dans laquelle les élus locaux disposeraient de davantage de responsabilités et de marges de manœuvre. Cette orientation s’inscrit dans ses prises de position régulières en faveur d’une décentralisation plus importante et d’une simplification des relations entre l’État et les collectivités.
Ses critiques interviennent alors que les présidents de département ont manifesté leur colère contre l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises de Reims. Une grande partie d’entre eux ont quitté la salle pendant l’intervention de Françoise Gatel, ministre chargée de la Décentralisation, pour protester contre la méthode gouvernementale et les économies envisagées.
Xavier Bertrand considère également que l’exécutif devrait cesser de compliquer le fonctionnement des collectivités à quelques mois de la fin du quinquennat. Il estime que les élus locaux ont besoin de stabilité et de visibilité financière plutôt que de nouvelles contraintes imposées par le pouvoir central.

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