Le président américain Donald Trump a affirmé mardi qu’il n’y aurait « pas de retour en arrière » concernant son objectif de prendre le contrôle du Groenland, refusant d’exclure le recours à la force et multipliant les provocations à l’égard de ses alliés occidentaux. Ces déclarations, faites alors que les dirigeants européens peinent à définir une réponse commune, ont ravivé les tensions transatlantiques.
Dans une série de publications sur les réseaux sociaux, accompagnées d’images générées par intelligence artificielle, Trump a réaffirmé que le Groenland était « essentiel à la sécurité nationale et mondiale ». L’île arctique relève pourtant de la souveraineté du Danemark, membre de l’OTAN, et toute remise en cause de ce statut menace directement la cohésion de l’Alliance atlantique, pilier de la sécurité occidentale depuis des décennies.
Le président américain a également rendu publics des messages privés échangés avec plusieurs dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, qui s’interrogeait sur ses intentions. Parallèlement, Trump a réitéré sa menace d’imposer de lourds droits de douane aux pays qui s’opposeraient à sa stratégie, rappelant qu’il avait déjà évoqué une taxation massive des vins et champagnes français.
Face à cette escalade, l’Union européenne étudie plusieurs options de riposte commerciale. Parmi elles figure un ensemble de droits de douane portant sur environ 93 milliards d’euros d’importations américaines, ainsi que le recours éventuel à l’« instrument anti-coercition », un mécanisme inédit permettant de restreindre l’accès aux marchés européens ou aux services financiers. Les responsables européens soulignent toutefois leur volonté de désamorcer la crise, tout en affirmant ne rien exclure.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a tenté de calmer le jeu depuis le Forum économique mondial de Davos, qualifiant d’« hystérie » les réactions suscitées par le dossier groenlandais. Il a assuré qu’une solution serait trouvée pour garantir la sécurité des États-Unis et de l’Europe, appelant à « se détendre » et à éviter toute surenchère.
Dans ce contexte tendu, la Russie a saisi l’occasion pour remettre en question la souveraineté danoise sur le Groenland, accentuant encore la pression sur les alliés européens. Les marchés financiers ont déjà réagi, les actions européennes et américaines reculant face aux craintes d’une nouvelle guerre commerciale, tandis que le dollar s’est affaibli, signe de l’inquiétude croissante des investisseurs.