POLITIQUE

« Où était l’État ? » : Adile Farquane interpelle la classe politique après les violences du 17 octobre

« Où était l’État ? » : Adile Farquane interpelle la classe politique après les violences du 17 octobre
« Où était l’État ? » : Adile Farquane interpelle la classe politique après les violences du 17 octobre

Dans une tribune publiée par La Nouvelle Revue Politique, Adile Farquane revient sur la mobilisation contre la vie chère et les violences qui l’ont accompagnée. Il interroge la préparation du maintien de l’ordre et dénonce une classe politique devenue, selon lui, sourde aux inquiétudes populaires.

« Il y a ce que l’on voulait entendre et il y a ce que l’on a refusé de voir. » Dès les premières lignes de sa tribune, intitulée « Le pavé dans la mare : quand la colère des urnes devient la fureur des rues », Adile Farquane donne le ton. Au lendemain de la mobilisation du 17 octobre, l’auteur invite à regarder au-delà des images de destruction pour comprendre ce qui a conduit tant de Français à descendre dans la rue : les difficultés matérielles, l’épuisement face au coût de la vie et le sentiment de ne plus être entendus.

Gilets jaunes, syndicalistes, lycéens, agriculteurs, pompiers ou familles : il souligne la diversité des profils rassemblés autour d’une même préoccupation, celle de parvenir à boucler les fins de mois. À ses yeux, cette mobilisation exprime une « colère sociale légitime », adressée directement aux responsables du pays. Les violences ne doivent donc pas effacer les revendications de ceux qui étaient venus manifester pacifiquement.

Une interrogation sur la réponse de l’État

Adile Farquane porte toutefois un regard sévère sur la gestion des débordements. Face aux vitrines brisées, aux barricades incendiées et aux affrontements, il pose une question : « Où était l’État ? » Dans sa lecture des événements, les forces de l’ordre se sont retrouvées dépassées et insuffisamment épaulées. Il met ainsi en cause l’anticipation des autorités et s’interroge sur l’adéquation du dispositif déployé à une mobilisation dont il estime l’ampleur prévisible.

« Incapacité d’anticipation, faute politique ou stratégie du laisser-faire ? » Ces hypothèses, formulées dans sa tribune, traduisent sa défiance envers la conduite politique du maintien de l’ordre. L’auteur ne s’arrête cependant pas à cette critique : il considère les émeutes comme le symptôme d’une crise plus profonde, celle du rapport entre les citoyens et leurs représentants.

« Toute la classe politique, sans exception »

Son réquisitoire dépasse ainsi le seul exécutif. « Toute la classe politique, sans exception », écrit-il, doit être placée face à ses responsabilités. Adile Farquane dénonce des années de revendications ignorées, de réponses technocratiques et de discours sans prise sur les difficultés quotidiennes. Il décrit un fossé qui se creuse lorsque les citoyens ont le sentiment que leur parole, même exprimée pacifiquement, ne produit aucun effet.

C’est le cœur de son avertissement : « Quand on refuse d’entendre le peuple, il se radicalise. » L’auteur défend l’idée qu’une colère privée de débouché démocratique risque de nourrir la violence. Sa tribune se termine donc par un appel à rompre avec « la politique de la sourde oreille ». Pour Adile Farquane, renouer avec les préoccupations populaires devient une urgence pour préserver un pacte républicain qu’il juge menacé.

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