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Lundi 28 octobre 2024, les autorités iraniennes ont annoncé l’exécution de Jamshid Sharmahd, un dissident irano-allemand de 69 ans, après une condamnation à mort confirmée l’an dernier. Arrêté en 2020, Sharmahd avait été accusé par l’Iran d’avoir orchestré un attentat en 2008 contre une mosquée à Chiraz, qui avait causé la mort de 14 personnes. Sa famille et des organisations internationales dénoncent une arrestation extrajudiciaire et un procès inéquitable, tandis que l’Iran maintient ses accusations de terrorisme.

Sharmahd avait été enlevé par les services de sécurité iraniens aux Émirats arabes unis en 2020, selon ses proches, avant d’être transféré de force en Iran. Né à Téhéran, il avait quitté l’Iran pour l’Allemagne dans les années 1980 et résidait depuis 2003 aux États-Unis. Le dissident s’était fait connaître par ses critiques ouvertes envers la République islamique, diffusées sur des chaînes satellitaires en langue persane. L’Iran l’accusait par ailleurs d’être le dirigeant de Tondar, une organisation monarchiste qualifiée de « terroriste » par Téhéran, et d’avoir entretenu des contacts avec des agences de renseignement occidentales, dont le FBI, la CIA et le Mossad.

Les autorités allemandes avaient réagi avec véhémence à la condamnation à mort de Sharmahd en 2023, jugée « inacceptable », et avaient expulsé deux diplomates iraniens en poste à Berlin en signe de protestation. En retour, l’Iran avait appliqué des mesures similaires envers des diplomates allemands présents à Téhéran, insistant sur le fait qu’il ne reconnaît pas la double nationalité.

L’organisation Iran Human Rights a fermement condamné cette exécution, qualifiant Sharmahd de « victime d’une prise d’otage et d’un procès inique ». Mahmood Amiry-Moghaddam, son directeur, a dénoncé une violation flagrante du droit international, appelant à une réaction forte de la communauté internationale. « L’exécution de Jamshid Sharmahd est un acte d’une violence politique inacceptable, visant à détourner l’attention des échecs internes du régime iranien, » a-t-il déclaré.

Jamshid Sharmahd rejoint ainsi plusieurs binationaux exécutés par la République islamique ces dernières années, dont le dissident irano-suédois Habib Chaab, également accusé de terrorisme et exécuté en mai 2023.

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