Pro-Palestinian Activists Surround White House To Protest War In Gaza
WASHINGTON, DC - JUNE 8: Green Party presidential candidate Jill Stein speaks at a Pro-Palestinian protest in front of the White House on June 8, 2024 in Washington, DC. As the Israeli invasion of Gaza following the October 7th terrorist attacks by Hamas militants on the Israeli people enters its ninth month, the two sides have yet to reach a peace agreement. Mattie Neretin/Getty Images/AFP (Photo by Mattie Neretin / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

La candidate du Parti vert, Jill Stein, attire l’attention non seulement pour ses positions écologiques, mais aussi pour sa campagne qui résonne particulièrement auprès des électeurs musulmans et arabes américains, en raison de son engagement sur la question de Gaza. Lors d’un récent rassemblement à Dearborn, au Michigan, où 54,5 % des 110 000 habitants sont d’origine arabe ou musulmane, elle a déclaré : « Nous sommes l’épicentre. Nous sommes la boussole morale et nous disons non au génocide. » Cette rencontre, intitulée « Arrêtons le génocide », s’est tenue dans un centre communautaire nommé d’après une ville libanaise.

Selon un sondage du Conseil sur les relations islamiques américaines (Cair), Jill Stein est désormais en tête des intentions de vote des électeurs musulmans, avec 29,4 %, devançant légèrement Kamala Harris (29,1 %). Au Michigan, 40 % des électeurs musulmans indiquent qu’ils voteraient pour elle, tandis que seulement 12 % soutiennent Harris et 18 % Trump. Stein fait également bonne figure dans d’autres États clés comme l’Arizona et le Wisconsin. Fin septembre, une trentaine d’imams ont encouragé leurs fidèles à voter pour des candidats tiers, comme Jill Stein, afin de faire passer un message contre le soutien de l’administration Biden à Israël. En revanche, le groupe Emgage, basé à Washington, a soutenu Harris.

La situation est cruciale : dans un contexte où Harris et Trump sont au coude-à-coude dans les sondages, Stein pourrait jouer un rôle de perturbatrice. Kshama Sawant, ancienne élue de Seattle, a reconnu que même si Stein ne vise pas à remporter la Maison-Blanche, elle pourrait priver Harris de l’État du Michigan.

Jill Stein endosse ainsi son rôle d’épouvantail pour les démocrates. Après une première expérience politique en 2002 en tant que candidate au poste de gouverneur du Massachusetts, elle avait obtenu 1 % des voix lors de l’élection présidentielle de 2016. Son influence avait alors été reconnue par Hillary Clinton, qui lui a imputé une part de responsabilité dans sa défaite. En 2016, Stein avait recueilli 51 463 voix dans le Michigan, un chiffre suffisant pour faire pencher la balance en faveur de Trump, qui l’avait emporté avec une marge de 10 704 voix.

Pour l’élection de 2024, Stein est officiellement candidate dans 38 États, dont six États décisifs : l’Arizona, la Géorgie, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan. Son colistier, Butch Ware, a des antécédents controversés, ayant décrit Kamala Harris comme « le visage noir du suprémacisme blanc ».

Stein semble à l’aise dans son rôle de candidate qui pourrait déséquilibrer le jeu. Elle a récemment salué le président français Emmanuel Macron pour son soutien à un embargo sur les armes à destination d’Israël. Ancienne médecin, elle se décrit comme une progressiste juive qui dénonce l’idée que s’opposer à la politique israélienne équivaut à de l’antisémitisme.

Les démocrates, craignant une répétition des événements de 2016, ont déjà lancé des campagnes publicitaires pour dissuader les électeurs de voter pour Stein, affirmant que « Jill Stein a aidé Trump une fois, ne la laissez pas recommencer ». En réponse, des groupes républicains ont investi près d’un million de dollars en publicités pour promouvoir sa candidature.

Stein, accusée par certains démocrates d’être « l’idiote utile de la Russie », a rejeté ces accusations, arguant qu’elle avait été blanchie par la commission sénatoriale du renseignement après une enquête de trois ans. Elle répond également à la question de savoir si elle serait responsable d’une éventuelle réélection de Trump, en soutenant que les critiques qu’elle reçoit proviennent des élites politiques cherchant à contrôler les électeurs.

Son programme, qui inclut un salaire minimum de 25 dollars de l’heure, l’effacement de la dette étudiante, et un engagement ferme contre le soutien américain à Israël, séduit de plus en plus d’électeurs de gauche et de jeunes progressistes. Le mouvement « Uncommitted », qui prône le vote pour des candidats tiers, pourrait avoir un impact significatif dans des États où Harris et Trump sont très proches l’un de l’autre. Dans ce contexte, chaque vote compte, et le soutien à Jill Stein pourrait bien influencer le résultat de l’élection présidentielle de 2024.

Partager