Ce lundi 28 octobre 2024, l’ancien secrétaire d’État Thierry Mandon, âgé de 66 ans, comparaît devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour répondre à des accusations d’escroquerie, faux en écriture, abus de biens sociaux, et tentative de détournement de fonds publics. L’affaire remonte à l’époque où il dirigeait la Cité du design, un établissement public de coopération culturelle consacré à l’art et à la recherche. Les faits reprochés concernent des notes de frais indûment perçues et des factures falsifiées.
Des soupçons de détournement de fonds publics
En poste depuis 2018 en tant que directeur général de la Cité du design, Thierry Mandon avait démissionné en octobre 2022, évoquant des « raisons personnelles », alors que l’établissement faisait face à un déficit financier de 1,4 million d’euros. C’est au cours de cette période que Marc Chassaubéné, adjoint à la culture de Saint-Étienne et président de la Cité du design, avait découvert des irrégularités dans les dépenses du directeur, notamment des frais informatiques et des voyages injustifiés. Parmi les anomalies relevées figurait un déplacement en Chine, déclaré mais jamais réalisé. Les sommes en jeu s’élèveraient à environ 28 000 euros.
À la suite d’un audit, un signalement a été effectué en novembre 2022, pointant la présentation d’un « budget insincère » et des fonds détournés via de fausses factures. La justice a rapidement ouvert une enquête, et Thierry Mandon a été placé en garde à vue en juin 2023. Il aurait partiellement reconnu les faits, évoquant des « erreurs » et des « négligences », et a remboursé les sommes dues. La partie civile, représentée par la Cité du design, soutient toutefois que les agissements de Mandon étaient prémédités.
Le procès de l’ancien homme politique, initialement prévu en juin 2024, avait été reporté pour motif médical. Aujourd’hui, Mandon risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre un million d’euros. Son avocat, Me André Buffard, indique que son client plaidera la faute d’inattention, rejetant l’idée d’une quelconque préméditation.
Une affaire qui ternit l’image de la Cité du design
Le scandale a eu des répercussions profondes sur l’institution stéphanoise, avec une perte de confiance et des difficultés financières exacerbées par le retrait d’une subvention régionale de 300 000 euros. Les employés, marqués par cette crise, espèrent que le procès permettra de tourner la page. La Cité du design a depuis mis en place une nouvelle organisation avec la nomination d’un directeur général pour assurer sa pérennité.
Thierry Mandon, ancien député et secrétaire d’État sous la présidence de François Hollande, a rebondi en étant désigné secrétaire général du Conseil national du commerce en 2023. Le verdict du tribunal est très attendu, alors que le procès soulève des questions sur l’éthique et la responsabilité des dirigeants publics.