Paris ne compte pas céder aux demandes d’Israël concernant le retrait des Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a confirmé que la mission onusienne « a vocation à rester », en dépit des appels du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui souhaite voir ces soldats s’éloigner des zones de combat situées près de la ligne Bleue, frontière séparant Israël du Liban.
Interrogé lors d’une émission sur France 5, Sébastien Lecornu a expliqué que la situation post-conflit nécessitera toujours la présence d’une force de neutralisation dans la zone. « Le jour où les armes se tairont, il y aura toujours cette Ligne bleue », a-t-il déclaré, ajoutant que la mission de la FINUL se poursuivra tant qu’aucune décision contraire n’aura été prise par les Nations unies ou les pays contributeurs.
Les propos de Lecornu font écho à ceux du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, qui a également souligné qu’il n’y aurait pas de retrait de la FINUL.
Condamnation des attaques contre les Casques bleus
L’ONU a réaffirmé son engagement à maintenir les positions actuelles de la FINUL au Liban, en dépit des demandes israéliennes. Jean-Pierre Lacroix, chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a déclaré lundi que les Casques bleus continueraient de remplir leur mandat, malgré les risques accrus en raison des combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah, soutenu par l’Iran.
Les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni ont, de leur côté, condamné les récentes attaques contre la FINUL. Dans un communiqué commun, ils ont exprimé leur profonde inquiétude et appelé à la cessation immédiate des agressions visant les bases onusiennes, rappelant que ces attaques constituent des violations flagrantes du droit international.
Israël appelle au retrait des Casques bleus
Benyamin Netanyahou a réitéré sa demande auprès des Nations unies, exhortant le secrétaire général, Antonio Guterres, à éloigner les Casques bleus des zones de combat, les qualifiant de « cibles potentielles » du Hezbollah. Selon lui, la meilleure façon de garantir leur sécurité serait de répondre à la demande israélienne de retrait temporaire.
Ces échanges surviennent alors qu’au moins cinq Casques bleus ont été blessés récemment dans des attaques autour de la frontière libano-israélienne. Ces incidents ont été fermement condamnés par les Nations unies, qui n’ont pas exclu de qualifier certains actes de « crimes de guerre ».
La FINUL, déployée depuis 1978, compte environ 10 000 soldats stationnés dans le sud du Liban. Depuis le début des hostilités en octobre 2023, ces forces se trouvent dans une situation de plus en plus précaire, prises entre les affrontements israéliens et ceux du Hezbollah.