Le Myanmar vote lors du deuxième tour des élections organisées par l’armée
Le Myanmar vote lors du deuxième tour des élections organisées par l’armée

Les électeurs du Myanmar ont été appelés aux urnes dimanche pour le deuxième tour d’élections organisées par l’armée, un scrutin largement contesté par la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains, qui y voient une tentative de légitimation du pouvoir de la junte.

Le pays est plongé dans un conflit depuis le coup d’État militaire de 2021, qui a renversé le gouvernement civil et conduit à l’arrestation de l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix. Cette prise de pouvoir a déclenché une guerre civile qui a ravagé de vastes régions de ce pays de 51 millions d’habitants.

Les élections se déroulent en trois phases dans un contexte de violences persistantes. Le premier tour, organisé fin décembre, a été marqué par une faible participation, tandis que de nombreux partis opposés à la junte ont été dissous pour ne pas s’être enregistrés, dont la Ligue nationale pour la démocratie, anciennement au pouvoir. Les groupes rebelles ont, pour leur part, refusé de participer au processus.

Les Nations unies et plusieurs pays occidentaux estiment que ce scrutin n’est ni libre ni équitable en l’absence d’une opposition réelle. Les critiques dénoncent un exercice électoral destiné à entériner le contrôle de l’armée plutôt qu’à refléter la volonté populaire.

Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement, soutenu par les militaires, est largement en tête après le premier tour, ayant remporté la grande majorité des sièges mis en jeu. Les analystes soulignent que les conditions électorales, notamment l’exclusion des principaux rivaux politiques et un cadre juridique restrictif, ont fortement favorisé ce parti.

Un dernier tour est prévu le 25 janvier. Au total, les élections doivent se tenir dans 265 des 330 municipalités du pays, y compris dans certaines zones où la junte n’exerce pas un contrôle total, ce qui soulève des questions supplémentaires sur la sécurité et la crédibilité du vote.

La junte affirme que ces élections ouvriront la voie à une transition politique et à la stabilité dans un pays confronté à l’une des crises humanitaires les plus graves d’Asie. Selon des estimations internationales, des milliers de civils ont été tués depuis le coup d’État et plusieurs millions de personnes ont été déplacées.

Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a récemment salué le déroulement du scrutin et appelé à une participation accrue, affirmant que le vote témoignait, selon lui, de la volonté de la population de s’engager dans un processus démocratique. De nombreux observateurs restent toutefois sceptiques quant à la reconnaissance internationale d’un futur gouvernement issu de ces élections.

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